Cuenca : la belle équatorienne…

Cuenca, 3 juillet 2014

Je grimpe dans le bus en fin de matinée pour rejoindre en 5 bonnes heures ma prochaine destination : la ville de Cuenca, plus au sud. Je traverse encore une fois de superbes paysages agricoles, au relief parfois très tourmenté. La mosaïque de petites parcelles ondule sur les versants entrecoupés de canyons… J’éprouve une certaine frustration à ne pas pouvoir capturer les tableaux qui s’offrent à moi. Le bus a ce gros inconvénient par rapport à la voiture : on ne peut pas s’arrêter quand on veut ! Il est extrêmement difficile par ailleurs de prendre des photos correctes depuis un bus, même la fenêtre ouverte : la végétation de bord de route masque en effet souvent le premier plan… Et un bus en Équateur, eh bien, ça file ! J’abandonne toute tentative au bout d’un moment et me contente d’admirer le panorama…

Un pâle reflet des paysages grandioses traversés dans le bus..., de Riobamba à Cuenca

Un pâle reflet des paysages grandioses traversés dans le bus…
De Riobamba à Cuenca

Je fais la connaissance dans le bus d’un jeune équatorien venant de terminer ses études de médecine. Il rentre à Cuenca pour rendre visite à son grand-père malade. On discute, on sympathise…

J’arrive à Cuenca aux environs de 16h. Le terminal est assez éloigné du centre et il me faut une bonne demi heure pour rejoindre l’hostal que j’ai pré-sélectionné : Turista del Mundo. Esperanza, sa propriétaire, me reçoit : une mama équatorienne au caractère visiblement bien trempé ! Elle me dégote une petite chambre au dernière étage. Très basique mais propre. 8$ : le prix est honnête. Je décharge mon fatras et file sous la douche.

19h : Je sors pour aller manger et découvrir le centre-ville, de nuit… Il ne faudra pas longtemps pour que je tombe ce soir sous le charme de Cuenca ! Son centre-ville regorge de restaurants, de bars et de boutiques mais surtout d’églises. J’en découvre une nouvelle presque à chaque coin de rue ! Elles sont toutes illuminées et beaucoup sont encore ouvertes. J’assiste d’ailleurs brièvement à deux messes. Le peuple équatorien est résolument très pieux !

La Catedrala de la Inmaculada Concepción, située face au Parc Abdón Calderón en plein centre, est une merveille. Je passe un long moment à profiter de ses ornementations et de l’atmosphère de recueillement qui y règne…

Recueillement, Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Recueillement
Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

 

Instant de prière, Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Instant de prière
Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Catedrala de la Inmaculada Concepción : immense,  Cuenca

Catedrala de la Inmaculada Concepción : immense !
Cuenca

 

L’air, particulièrement doux ce soir, accompagne parfaitement la douceur de cette ville.

Je dîne vers 20h30 dans un petit resto fort sympathique recommandé par mon guide : le Moliendo Café. Et j’y mange colombien ! L’ambiance est chaleureuse et le service excellent. A l’image sans doute de ce pays dont j’entends beaucoup de bien depuis le début de mon voyage.  J’y reviendrai, c’est sûr !

Cuenca, 4 juillet 2014

Je retourne aujourd’hui en centre-ville pour poursuivre, de jour, ma visite.

Vente d'articles à caractère religieux à l'entrée de la cathédrale, Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Vente d’articles à caractère religieux à l’entrée de la cathédrale
Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Scène de rue : cireur de chaussures, Cuenca

Scène de rue prise sur le vif : le cireur de chaussures
Cuenca

Je retourne dans la Cathédrale et apprends qu’il est possible de monter dans l’une de ses tours. Je saute sur l’occasion : j’ai droit à une jolie vue sur la place…

Catedrala de la Inmaculada Concepción, de loin la plus belle..., Cuenca

Catedrala de la Inmaculada Concepción, de loin la plus belle…
Cuenca

Parc Abdón Calderón, Vu depuis la Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

Parc Abdón Calderón
Vu depuis la Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

L'une des portes d'entrée de la cathédrale : une merveille, Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

L’une des portes d’entrée de la cathédrale : une merveille !
Catedrala de la Inmaculada Concepción, Cuenca

J’assiste dans la matinée à un petit concert improvisé à côté de la Cathédrale : deux frères musiciens au look très « indien » jouent de superbes airs andins à l’aide d’instruments à vent. Leur interprétation du Pastor Solitario (l’air joué par Bill autour d’un feu de camp dans Kill Bill, pour ceux qui ont vu le film) à la flûte me convint d’acheter un de leurs albums (5$). Rikcharic : c’est le nom de ce petit groupe bien sympa. J’ai tout le loisir de les photographier ensuite…

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Vers 15h, je rentre à l’hostal pour écrire car la fatigue se fait sentir et il faut par ailleurs que j’écrive un peu pour mon blog… Je retourne au Moliendo Café pour dîner et profiter une nouvelle fois de l’ambiance de la ville por la noche (de nuit).

Cuenca, 5 juillet 2014

Ce matin, je me lève aux aurores car j’ai décidé de me rendre dans le Parc national Cajas, situé au nord-ouest de la ville. Je marche une bonne demi-heure avant de rejoindre le terminal sud de la ville et grimpe comme prévu dans le bus de 7h. Une petite heure plus tard, je débarque au milieu de nulle part, dans un environnement sauvage que seule le ruban de bitume vient perturber… Le ciel est bas, le paysage monochrome, le relief bossu de partout, l’air froid et humide : rarement je n’ai vu un endroit aussi austère ! Cajas vient du Quechua « Caxas » qui signifie « froid » : je comprends pourquoi on lui a donné un tel nom. On se les pèle ici ! J’enfile tout ce que j’ai de chaud : polaire, coupe-vent, gants, bonnet et écharpe, puis me rends à la maison du Parc située en contrebas de la route. Elle surplombe une lagune : la Laguna Toreadora. Je m’enregistre comme visiteur pour la journée puis pars pour une petite boucle de 3h sur le sentier n°1 (Bosque San Luis). Ce ne sont que quelques kilomètres à parcourir mais, étant à plus de 4000 m d’altitude, c’est plus dur que je ne le pensais. Il fait vraiment froid et je progresse lentement car le terrain est boueux et glissant.

Coup de cœur pour la traversée du bosquet San Luis : des troncs aux formes torturées s’entremêlent en très forte densité, créant une atmosphère très particulière. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit du Queñual : petit arbre à croissance très lente, dont l’écorce très fine s’exfolie perpétuellement.

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La boucle me fait passer le long de deux autres lagunes. A part les cris épars de quelques petits passereaux, il règne ici un silence de mort. Une bruine très fine se met à tomber par moment. C’est vraiment lugubre mais j’apprécie l’ambiance !

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3h plus tard, je suis de retour à la maison du Parc. Il y a un refuge juste à côté ; j’y fais un saut pour prendre un chocolat chaud et manger un bout puis me poste au niveau de l’arrêt de bus qui fait face à l’entrée du site.

Un bus est censé passer vers 13h… J’attends une bonne demi heure dans le froid mais toujours rien. Je me décide à faire du stop. Les voitures sont rares en direction de Cuenca… La chance me sourit quand même : une voiture s’arrête un petit quart d’heure après le début du lever de pouce. Son chauffeur, aussi bavard que sympa, me dépose après une heure de route à deux pas de mon hostal ! Un retour inespéré !

Je prends un almuerzo (déjeuner) dans un petit resto avant de remonter dans ma chambre. L’après-midi sera studieuse. Je ressors vers 20h pour dîner et profite une dernière fois de l’atmosphère si particulière de cette ville une fois la nuit tombée…

Santuario Mariano et le marché aux fleurs, por la noche..., Cuenca

Santuario Mariano et le marché aux fleurs, por la noche…
Cuenca

Loja, 6 juillet 2014

Une journée sans grand intérêt si ce n’est celui de progresser vers le Sud. Je fais le voyage aujourd’hui vers Loja, dernière étape équatorienne avant de passer la frontière pour le Pérou !

5 petites heures de bus me conduisent dans cette ville sans grand charme (pour le peu que j’en ai vu). Je dégote une chambre toute simple pour 6$ à l’Hôtel Londres, situé en plein centre-ville, à deux pas d’une station de bus inter urbains (pratique pour rejoindre le terminal terrestre). Je ne resterai qu’une nuit ici car demain, je passe la frontière !

Je mange ce soir dans un resto tout simple en compagnie de deux québécoises rencontrées à l’hôtel. Un resto dont l’aliment de base est le pollo (poulet), comme la grande majorité des restos du centre-ville visiblement. C’est un fait : les équatoriens raffolent vraiment du poulet !

Chimborazo : toit de l’Équateur (et du monde !)

Riobamba, 1er juillet 2014

Je profite ce matin une toute dernière fois de l’ambiance unique de Baños et vadrouille dans ses rues colorées jusqu’à 11h avant de retourner dans ma chambre pour boucler mes deux sacs.

12h. Je quitte l’hostal Llanovientos en remerciant chaleureusement Gandi, son propriétaire. Il me fait cadeau des cendres du volcan Tungurahua. Sympa ! En retour, je me ferai un plaisir de recommander son hostal aux gens que je croiserai sur ma route dans les prochains jours car j’ai vraiment apprécié mon séjour ici…

Je passe en chemin dire au revoir à Carmen qui tient une petite boutique à deux pas de l’hostal puis me pose un petit quart d’heure au marché couvert pour manger un bout (je me rassasie pour la modique somme de 2$ ! Vive les mercados).

Carmen dans sa boutique, Baños

Carmen dans sa petite boutique
Baños

13h. Je grimpe dans le bus. Direction : Riobamba où j’espère pouvoir dégoter un tour pour l’Altar ou le Chimborazo, deux volcans qui m’ont l’air vraiment très sympas. Le trajet ne prend pas plus de 2h. Le paysage est différent : le fond de la vallée est inondé de vergers d’agrumes formant, comme les cultures de céréales et de féculents, une superbe mosaïque…

Je débarque vers 15h à Riobamba, ville d’assez grand taille avoisinant 150 000 habitants. Je rejoins le centre-ville en taxi avec deux canadiens rencontrés à la sortie du bus puis galère un peu pour trouver un hostal. Je me pose dans le quatrième visité : Los Shyris, pour 8$ la nuit. Ce n’est pas le grand luxe mais ça fera l’affaire !

Après m’être libéré de mon fardeau, je me rends au point d’information touristique à quelques rues de l’hostal. Mais, à part avoir dégoté une carte du centre-ville, je ne ressors pas beaucoup informé… Je passe dans une agence de voyage (Julio Verne, vivement recommandée par mon guide) en fin d’après-midi pour savoir si des treks sont programmés dans les deux jours à venir pour le Chimborazo ou l’Altar. Non, me dit-on. Le sentier jusqu’à l’Altar est par ailleurs difficilement praticable en ce moment, il y a trop de boue… Je suis déçu car il me faisait vraiment rêver : un volcan éventré en forme de fer-à-cheval culminant à plus de 5000 m avec une lagune au fond du cratère… L’agence me propose une activité à vélo pour le lendemain : une descente sur la face ouest du Chimborazo depuis un refuge situé à 4850 m d’altitude jusqu’à Ambato, à 2550 m. La journée est à 59$. Ça a l’air tentant alors je m’inscris !

Je rencontre au moment de réserver Jérôme, un toulousain en plein tour du monde, Nicole, une jolie allemande à l’allure sportive en vadrouille depuis quelques mois, et Nicolette, une lucernoise (Suisse) et voyageuse de très longue durée (18 mois)… On sympathise rapidement. Nicole, Nicolette et Nico : joli trio ! Je retrouve Jérôme vers 19h pour manger dans un petit resto très sympa à deux pas de l’hostal.

Riobamba, 2 juillet 2014

8h30, je me rends aux locaux de l’agence Julio Verne. C’est parti pour une journée à vélo ! Nous sommes 9 touristes à rejoindre en mini bus le premier refuge situé à 4850 m d’altitude sur le flanc ouest du Chimborazo. Culminant à une altitude de 6268 m, cet imposant volcan est le plus haut sommet des Andes équatoriennes ! Son sommet peut aussi être défini comme le point le plus haut sommet du monde, si on le considère comme le plus éloigné du centre de la Terre… La planète n’est en effet pas parfaitement ronde mais a une forme d’ellipsoïde dont le rayon est environ 21 km plus important à l’équateur qu’aux pôles… Vu que le Chimborazo est bien plus proche de l’équateur que l’Everest, son sommet est plus éloigné du centre de la Terre… Les équatoriens s’en vantent naturellement un peu !

Du premier refuge, nous réalisons tout d’abord une petite marche jusqu’à un second refuge, situé à la limite des neiges : le refuge Whymper ! Le souffle est court et les jambes plus lourdes que d’ordinaire en raison de l’altitude. Il ne fait pas bien chaud : veste coupe-vent, bonnet et écharpe sont de rigueur. J’atteins un replat surplombant le refuge à 5060 m. Record d’altitude explosé sans trop de peine ! Je suis content de ne ressentir aucun effet indésirable provoqué par la raréfaction de l’oxygène… La vue sur le volcan en surplomb est sublime !

Chimborazo et ses neiges éternelles...

Chimborazo et ses neiges éternelles…
Chimborazo

Aux pieds du Chimborazo, à 5060 m d'altitude !

Aux pieds du Chimborazo, à 5060 m d’altitude !
Chimborazo

Des bancs de brume masquent son sommet par moment, augmentant l’aura que dégage ce géant. J’exulte d’être à une telle altitude, si près d’une telle merveille. Je prends quelques photos avec Nicole, Nicolette et Jérôme, sans oublier « Chimbo », l’adorable chien du volcan qui me colle gentiment aux pattes… Nous redescendons une petite heure plus tard jusqu’au refuge où nous attends un déjeuner tout simple (soupe de quinoa et sandwiche).

Nicole et Chimbo, Chimborazo

Nicole et « Chimbo »
Chimborazo

"Chimbo" pose pour la photo, Chimborazo

« Chimbo » pose pour la photo
Chimborazo

Exultation, Chimborazo

Exultation aux pieds de ce géant !
Chimborazo

Il est près de 13h lorsque nous attaquons la première descente. La piste zig-zague au milieu d’un paysage volcanique semi-désertique peuplé de vigognes (vicuñas), élégant animal proche de l’alpaga, perché sur de fines gambettes… La descente est grisante mais secoue drôlement. Les vélos de l’agence sont heureusement d’excellente qualité et amortissent très bien les irrégularités du terrain. Le paysage est immense et grandiose : au premier plan, l’immensité désertique du volcan ; au second, les versants campagnards de la Sierra et, au-delà, un immense banc de nuages masquant la Costa (côte).

Panorama grandiose depuis le flanc ouest du volcan, Chimborazo

Panorama grandiose depuis le flanc ouest du volcan
Chimborazo

Une demi-heure plus tard et 450 m de dénivelé plus bas, nous avons déjà parcourus les 8 kilomètres qui nous séparaient de l’entrée de la réserve faunistique de Chimborazo.

Descente du volcan à vélo, Chimborazo

Descente du volcan à vélo
Chimborazo

Nous remontons dans le van puis roulons un peu avant d’arriver au second point de largage, vers 4000 m d’altitude. S’ensuit une formidable descente de près de 3h sur une route asphaltée, à travers la vallée du Rio Ambato. Formidable sensation de liberté ! La gravité fait presque tout le travail… Il suffit de se laisser porter et d’admirer le paysage qui se métamorphose au fil des kilomètres parcourus !

Fabuleuse descente à travers la vallée, Chimborazo

Fabuleuse descente à travers la vallée
Chimborazo

Et toujours cette jolie mosaïque de cultures, Chimborazo

Et toujours cette jolie mosaïque de cultures…
Chimborazo

De superbes vues s'offrent à nous pendant la descente, Chimborazo

De superbes vues s’offrent à nous pendant la descente !
Chimborazo

Nous atteignons notre point d’arrivée, à l’entrée de la ville d’Ambato, vers 17h. Nous venons de parcourir près de 35 kilomètres et 1400 m de dénivelé ! Le retour jusqu’à Riobamba nécessite une bonne heure et demi de route.

La journée se termine par une soirée très sympa en compagnie de Nicole, Nicolette et Jérôme dans une petite pizzeria à deux pas de l’agence… Demain, je quitte Riobamba pour poursuivre ma descente vers le sud. Direction : Cuenca, où je compte passer deux-trois jours avant de prendre la direction du Pérou !

Baños, une ville à part…

Baños, 27 juin 2014

Je quitte l’Hostal Central vers 10h ce matin, non sans regret. Même si l’endroit n’est pas un quatre étoile, j’aurai vraiment apprécié les deux jours passés ici et la gentillesse de Viola, sa gérante, et de Rocio, son intendante. J’ai dû faire bonne impression à Viola car elle m’offre avant de partir un petit cadeau (châle traditionnel en laine d’alpaga)… Embrassades puis me voilà reparti à vadrouiller avec mes deux sacs, le petit devant, le gros derrière. L’adrénaline se remet à couler dans mes veines. Sentiment grisant de repartir vers un nouvel horizon sans trop savoir ce qui m’y attend… L’impression de vraiment voyager, en laissant une part de choix à l’Inconnu…

Je monte rapidement dans un bus qui me conduit en une petite heure à Ambato, situé, comme Latacunga, sur la Panamericana (l’axe routier parcourant les deux continents américains du Nord au Sud). Mais Ambato n’est qu’une escale : je remonte sans tarder dans un bus pour Puyo en direction de l’est.

12h30. Me voilà fraîchement débarqué à Baños, petit ville balnéaire très connue dans le pays. La taille de cette bourgade tranquille, nichée au fond d’une large et profonde vallée, me plaît d’emblée. On respire ici un air plus pur qu’à Quito ou Latacunga. Les rues sont moins congestionnées par les voitures et les bus. Les gens ont l’air plus accueillants aussi, leurs regards moins inquisiteurs. La présence du Tungurahua, volcan culminant à plus de 5000 m d’altitude, n’est pas étrangère à l’aura que dégage cette petite cité. On n’a beau ne pas le voir, on sent sa présence… Le cratère est à moins de 10 kilomètres à vol d’oiseau !

Ambiance des rues colorées de Baños

Ambiance des petites rues colorées de la ville…
Baños

Dès ma sortie du bus, je me mets en quête de trouver l’hostal que j’ai pré-sélectionné grâce à mon guide. J’ai jeté mon dévolu sur Llanovientos, un hostal offrant une vue royale sur la ville. Baños regorge d’hostals. Il y en a, sans exagérer, au moins un à chaque coin de rue. C’est assez ahurissant ! Gandi, le propriétaire de Llanovientos, estime qu’il y en a 200, et je pense qu’il ne doit pas être très loin du compte ! Pour une ville de 20 000 habitants, ça donne quoi ? Eh bien, un hostal pour 100 habitants. Ahurissant, c’est bien ce que je disais !

Il faut dire que Baños est fréquentée aussi bien par les touristes que par les locaux qui affluent des quatre coins de l’Équateur pour venir se détendre dans ses bains ou profiter de toutes les activités qui y sont accessibles : randonnées à pied, à cheval ou à vélo, escalade, canyoning, saut à l’élastique, canopy (ou comment traverser le vide accroché à un câble allongé sur le ventre…), etc. J’ai d’ailleurs souvent entendu Baños être qualifié de « ville des sports extrêmes ».

Hostal Llanovientos, Baños

Hostal Llanovientos, dans la partie haute de la ville
Baños

J’arrive donc à cet hostal où je suis reçu par Gandi et Marie, son employée. Je négocie une chambre au premier étage avec vue sur la ville pour 10$ (au lieu de 12). Le panorama depuis la fenêtre est superbe ! Je peux même voir la cascade qui abreuve les bains de la Vierge où j’ai hâte de me rendre…

Hostal Llanovientos, Baños, vue depuis la chambre

Vue depuis ma chambre au premier étage de l’hostal Llanovientos
Baños

C’est débarrassé de mon fardeau que je redescends dans le centre-ville pour manger un bout et me familiariser avec l’endroit. J’essaie de trouver une agence pour partir faire un tour en Amazonie depuis Baños mais le seul qui soit vraiment intéressant (forêt primaire) semble se trouver à l’Est de Quito et il faudrait donc remonter vers la capitale pour s’y rendre… Ce n’est pas logique dans mon parcours, ma direction étant le Sud. Tant pis, je tenterai l’Amazonie depuis le Pérou ou la Bolivie.

En fin d’après-midi, sur le coup des 16h30, je me mets en quête de monter au point de vue surplombant la ville à l’Est et portant le nom plutôt évocateur de Bellavista. Après avoir tâtonné un peu, je tombe enfin sur le sentier qui permet d’y accéder. Ma motivation à atteindre le point de vue enfle à mesure que les nuages se dissipent. Et si je réussissais à voir le Tungurahua depuis ce belvédère ? Une petite demi-heure plus tard, j’atteins le point de vue. Le panorama sur la ville est superbe mais c’est surtout ce qui se passe au-dessus qui attire mon attention. Le volcan ! Quelques filets de nuage le masquent un peu mais il est bien là !

Tungurahua, Baños

Le Tungurahua se dégage en fin d’après-midi…
Baños

L’occasion est trop belle. Je continue l’ascension, sachant qu’il existe une route pour monter jusqu’à un autre belvédère situé au niveau de la Casa del Árbol (2630 m d’altitude), dont le nom m’intrigue. Je grimpe à bon rythme, poussé par l’envie de voir le volcan d’aussi près que je le pourrai. L’heure tourne et le soleil décline rapidement. J’ai la chance de pouvoir admirer, au détour d’un virage, une superbe vue sur le volcan. Je parcours une paire de kilomètres sur la route asphaltée.

Tungurahua, Baños

Le Tungurahua… sublime !
Baños

A 18h, je ne suis plus qu’à 2 km de la Casa del Árbol. Une voiture monte à bonne allure. Je lui faire signe de s’arrêter. Autant terminer en stop si je veux avoir une chance de voir le volcan depuis le belvédère car il fera bientôt nuit. Le conducteur et sa passagère, tous deux de Guayaquil (la plus grande ville du pays), sont en vacances à Baños et ont ce soir le même objectif que moi : voir le volcan. C’est chose faite lorsque nous débarquons à la Casa del Árbol. Même si le soleil est déjà passé sous l’horizon, la vue sur le Tungurahua complètement dégagé vaut le détour. La petite maison perchée dans l’arbre a son charme aussi… Je fais un tour de balançoire au-dessus du vide face au monstre.

Casa del Árbol, Tungurahua, Baños

Casa del Árbol, au pied du Tungurahua
Baños

Il fait presque nuit lorsque nous retournons à la voiture. J’avais prévu de redescendre à la frontale mais la voiture offre une option qu’il est difficile de refuser. Nous faisons un petit détour par Bellavista pour admirer la ville dans sa parure de nuit. Superbe ! Je sens vraiment que je vais me plaire à Baños !

Fin d’une journée bien remplie.

Ville illuminée, vue depuis le mirador de Bellavista, Baños

Ville illuminée, vue depuis le mirador de Bellavista
Baños

Baños, 28 juin 2014

Quelle journée que celle que je viens de vivre ! Probablement la plus riche en émotions et découvertes depuis le début de l’aventure…

Réveil vers 6h30. Baños est déjà en ébullition : les coqs s’égosillent, les chiens aboient pour une raison qu’ils sont seuls à connaître, une alarme de voiture vocifère… Les voitures émettent des sons un peu bizarres dans ce pays, on se croirait parfois dans un jeu vidéo… C’est un peu agaçant après une demi-heure sans interruption mais ça fait partie du paysage sonore du lieu alors j’essaie de savourer l’ambiance…

7h30, je descends au centre-ville, situé à deux pas, pour prendre un bon petit déjeuner avant d’attaquer la journée. Après avoir tourné un peu, je jette mon dévolu sur un petit resto faisant face à la place centrale, joliment entretenue. Pain, beurre, confiture, œufs brouillés, le tout arrosé d’un bon café et d’un jus de maracudja. Le petit-déjeuner lambda ici en fait.

Sur le coup de 8h, je file chez Sixto pour récupérer le vélo que je lui ai réservé la veille. 8$ pour avoir à disposition un vélo de compét’ jusqu’à 21h ce soir. Nickel ! Me voilà parti pour la Ruta de las Cascadas, un incontournable à Baños. Le principe est simple : il suffit de se laisser porter par la route en direction de Puyo et de s’arrêter en chemin pour admirer les chutes d’eau dont regorge la vallée.

Il se met à pleuvoir. J’enfile ma veste de pluie et protège mon sac à dos d’un sur-sac. Me voilà paré pour le mauvais temps qui a l’air de s’installer… Je parcoure un peu les rues de la ville – j’avais presque oublié à quel point il est agréable de se déplacer à vélo – puis attaque la descente. J’aperçois très vite le visage familier d’un homme perché lui aussi sur un vélo. Mais oui, c’est bien Robert, l’Allemand sympa que j’avais rencontré à Insinliví, à l’hostal Llullu Llama ! Se femme, Micaela, le suit de près. J’étais parti pour faire cette route seul mais le sort en décide autrement ! Je me joins à eux.

La descente est particulièrement grisante. Ça circule pas mal mais les gens ont l’air de faire plutôt attention. Ils doivent avoir l’habitude (ce parcours en vélo est très fréquenté) et, si ce n’est pas le cas, des panneaux se chargent de leur rappeler qu’il faut partager la voie avec les cyclistes.

Premier arrêt à la Cascada de Agoyán. Nous attachons nos vélos à un garde-corps puis grimpons dans un téléphérique (1,50$ AR) qui nous conduit de l’autre côté de la vallée en passant juste au-dessus de la cascade. Il y a en fait deux chutes d’eau (l’une formée par la rivière Pastaza et l’autre par une rivière affluente à celle-ci). Joli spectacle. Retour sur la rive gauche par le téléphérique. Nous reprenons les vélos et poursuivons.

Cascada de Agoyán, Baños

Téléphérique au-dessus de la Cascada de Agoyán
Baños

Cascada de Agoyán, Baños

Cascada de Agoyán
Baños

Nouvel arrêt un peu plus bas au niveau d’un stand de canopy. La gérante nous appâte : « Celui-ci fait 1000 m de longueur, c’est le plus long du pays ! ». Je demande le tarif par curiosité, m’attendant à quelque chose comme 20-30$. C’est 10$ seulement. J’essaie de convaincre Robert d’y aller aussi mais ça ne le tente pas, il a le vertige. Je me lance, Robert et Micaela acceptant sans problème de garder mes affaires le temps de passer (il n’y a pas foule, je suis le seul). La femme m’harnache puis me lâche le long du câble en me spécifiant bien qu’il faut que je garde en permanence les mais ouvertes face au vent pour freiner la chute. Belles sensations ! Petit frisson cependant à l’idée qu’une défaillance du système signerait sans nul doute ma fin… Un homme me réceptionne en bas, me détache puis me remonte avec son 4×4 au point de départ.

Je me lance... "Canopy", Baños

Je me lance ! (canopy)
Vallée du Pastaza, Baños

C’est reparti pour la descente à vélo. La vallée, truffée de petites cascades, est vraiment magnifique.

Vallée du Pastaza, Baños

La superbe vallée du Pastaza
Baños

Le temps, peu engageant se matin, vire discrètement mais sûrement au beau. Nous atteignons peu de temps après la cascade Manto de la Novia. Il faut pour s’y rendre prendre un téléphérique puis un grand pont suspendu. Jolie cascade là encore.

Cascada Manto de la Virgen et son pont suspendu, Baños

Cascada Manto de la Virgen et son pont suspendu
Baños

Cette fois-ci, pas de retour par le même câble. On peut en effet faire une boucle en empruntant un autre téléphérique situé plus en aval. Petite marche sympathique dans la forêt tropicale qui me replonge dans les sous-bois de Basse-Terre, la belle sauvage guadeloupéenne… Le chemin est parfois très boueux. Je cueille quelques goyaves en chemin. Quel délice de manger ce fruit goûtu directement sur site ! Nous atteignons le second téléphérique en une petite heure. Robert fait sonner la cloche pour avertir l’opérateur qui se trouve sur l’autre berge. Nous traversons de nouveau la rivière puis remontons à pied le long de la route pour récupérer nos vélos.

Il est 14h passés lorsque nous arrivons à la cascade la plus célèbre des environs : El Pailón del Diablo. Et quelle cascade ! J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à une cascade aussi impressionnante… Sa réputation est largement justifiée : je suis face à une véritable merveille. Jamais je n’ai vu une chute d’eau aussi puissante ! Et ce qui est génial, c’est qu’on peut s’en approcher à mi-hauteur. De près, de très près. De quoi se faire rincer en beauté si on a un peu chaud… Parfait pour apprécier la puissance de cette force de la nature. L’impression d’avoir un avant-goût en miniature des Chutes d’Iguaçu, où j’essaierai de me rendre à la fin de mon périple en Amérique du Sud si j’en ai le temps.

L'incroyable cascade El Pailón del Diablo, Baños

L’incroyable cascade El Pailón del Diablo
Baños

El Pailón del Diablo : une force de la Nature !, Baños

El Pailón del Diablo : une force de la Nature !
Baños

Je reste de longues minutes à admirer cette beauté et à prendre des photos. L’accès rive gauche est situé plus près du pied de la chute. J’ai très envie de m’y rendre. Pour cela, il me faut remonter jusqu’à la route puis descendre le long d’un sentier forestier pendant un bon quart d’heure pour atteindre l’entrée (1,50$ comme pour l’autre rive). Robert et Micaela ont préféré se poser dans un resto pour boire une bière (de fervents adeptes de la bière, comme tout allemand qui se respecte !) et manger un bout. Je me faufile dans une sorte de galerie pour atteindre le point le plus haut qui soit accessible en rive gauche. Il me faut presque ramper pour atteindre une petite plate-forme au niveau de laquelle on est au plus près de la chute. Je peux même me faufiler derrière la belle (impossible d’y prendre une photo malheureusement, ça mouille beaucoup trop !).

Au plus près de la cascade... El Pailón del Diablo, Baños

Au plus près de la cascade…
El Pailón del Diablo, Baños

On ne reste pas sec bien longtemps..., El Pailón del Diablo, Baños

On ne reste pas sec bien longtemps…
El Pailón del Diablo, Baños

Je prends quelques photos de gens qui, comme moi, se font éclaboussés en beauté. J’essaie de faire au plus vite car mon reflex est vite recouvert de gouttelettes et je ne veux, qui plus est, pas trop faire attendre Robert et Micaela. Il me faut 20 petites minutes d’efforts intenses pour remonter sur la route. Je retrouve mes deux compagnons d’un jour confortablement installé à la table d’un petit resto bien sympa tenu par Alexandro, un polyglotte assez marrant. J’ai une faim de loup (il est 16h et je n’ai rien avalé depuis le petit déj’). Je commande un almuerzo, qui finit vite dans mon ventre affamé. 16h30, on se remet en route pour aller jusqu’au bout de cette petite aventure.

Nous atteignons notre point le plus bas en fin d’après-midi : Machay. Un petit sentier nous conduit en une vingtaine de minute à une petite chute d’eau souffrant de la comparaison face aux beautés que nous venons de découvrir. J’ai le bonheur d’admirer en chemin deux superbes papillons aux couleurs exotiques qui ont bien l’air de se tourner autour…

Papillons, Machay, Baños

Ces deux là se tournent autour…
Machay, Baños

17h45. Il est temps à présent de se positionner au bord de la route pour solliciter un retour express vers Baños. Nous sommes chanceux. Le premier pick-up auquel je fais signe s’arrête et son coffre est vide. Je demande à son chauffeur combien il prendrait pour nous remonter jusqu’à Baños. « Nada », me répond-il ! Il semble qu’on ait vraiment tiré le bon numéro. Nous chargeons les vélos à l’arrière du véhicule et, hop, en voiture Simone. Un bon quart d’heure plus tard, nous voilà de retour dans la petite cité balnéaire. On se rend compte, en remontant la vallée, du long chemin parcouru. On a bien pédalé tout de même… (enfin « pédaler » est un bien grand mot quand la plupart du temps il suffisait de se laisser tirer vers le bas par la gravité…). Nous offrons au chauffeur 1$ chacun pour le remercier de son geste, puis rapportons les vélos chez Sixto (comble de coïncidence, nous avions loué nos vélos au même endroit !). Bien décidés à clore cette journée en beauté, on se donne rendez-vous à 19h sur la place pour aller boire un verre et manger un bout.

Je remonte me doucher vite fait à l’hostal puis retrouve Robert et Micaela au Cafe Hood plutôt fréquenté par des étrangers. Belle ambiance musicale. Nous y restons une bonne heure et demi à discuter dans la langue de Shakespeare. Ah l’Anglais, langue fédératrice par excellence ! Je ne parle pas plus Allemand que Robert et Micaela ne parlent le Français, et pourtant nous parvenons à avoir une discussion digne de ce nom…

21h approche. Il est temps de remonter à l’hostal pour un repos bien mérité mais aussi en prévision d’un réveil très matinal. Nous avons en effet prévu de nous retrouver aux bains de la Vierge (Baños de la Virgen) à 6h demain matin pour expérimenter les fameux thermes de Baños…

Baños, 29 juin 2014

5h. Il fait encore nuit noire. Je rejoins les bains de la Vierge, situé en marge de la ville, à 5h45 et retrouve, comme prévu, Robert et Micaela. Je m’étonne de voir déjà autant de monde à une heure si matinale. Il y a trois bassins à l’air libre au premier étage : une piscine d’eau froide, un grand bassin d’eau chaude, et un bain plus petit rempli d’une eau vraiment très chaude (40-45°). Les deux bassins d’eau chaude sont bondés. Le cadre est magnifique : une chute d’eau s’écoule de la montagne à deux pas et la ville est encore revêtue de sa parure de nuit…

J’abandonne rapidement le bassin d’eau « tiède » pour passer au bain « bouillant » puis, n’en pouvant plus de cette chaleur, passe m’immerger intégralement dans la piscine d’eau froide, où seuls quelques téméraires osent s’aventurer (la plupart préférant passer rapidement sous les douches froides plutôt que de s’immerger totalement). L’effet est immédiat : vitalité et bien-être ! Je reste quelques minutes dans l’eau froide puis retourne à l’eau « bouillante ». S’ensuivent 4 ou 5 cycles à répéter le processus. Au bout d’une petite heure, nous sortons des bains. Il est bientôt 7h. Je dis au revoir à Robert et Micaela qui prennent aujourd’hui la direction de Cuenca, puis passe prendre un petit-déjeuner en ville avant de remonter dans ma chambre.

Le reste de la journée sera calme et studieux : je passe de nombreuses heures à travailler sur mon blog, à développer des photos et écrire le premier article. Demain, au plus tard, il doit être lancé !

Je rencontre en fin d’après-midi Adrien, Anne et leurs trois enfants (3, 5 et 7 ans). On accroche rapidement. Ils font un tour du monde eux aussi, sont partis à peu près en même temps que moi, et ont un itinéraire se rapprochant beaucoup du mien. Adrien tient, comme moi, un blog (croquelemonde.com). Nous avons donc naturellement beaucoup de choses à nous raconter ! Nous mangeons tous les six au resto ce soir et passons un agréable moment. Fin d’une journée pépère…

Baños, 30 juin 2014

Ce matin est à nouveau studieux : je me lève tôt pour me remettre sur le blog. Je lance officiellement le bébé vers 14h. « Le blog de Nico : 365 jours Autour du Monde », c’est parti ! Voilà une très bonne chose de faite. Je peux à présent quitter mon écran d’ordinateur pour sortir et continuer à découvrir ce bel endroit, je suis là pour ça tout de même…

Eux aussi regardent avant de traverser..., Baños

Eux aussi regardent avant de traverser…
Baños

Rue, Baños

L’ère de l’enfouissement des lignes n’est pas encore là !
Baños

Maisons non crépies, Baños

Les maisons ne sont pas toujours crépies…
Baños

Je me balade dans la ville. Le nombre d’hostals ne cesse de m’étonner. Je passe devant des stands proposant les sucreries (soit-disant) typiques de Baños. Ils sont une quinzaine, côte à côte le long de la route principale, tous tenus par des femmes et proposant exactement les mêmes produits. La compétition est discrète mais féroce. J’en choisi un, car il le faut bien, et achète de la pâte de fruit (goyave) et du nougat. Il est tenu par une vieille dame, au poste depuis plus de 30 ans me dit-elle. De simple observateur à client, il est à présent plus facile de la solliciter pour une petite photo…

Vendeuse de produits locaux, Baños

Une vendeuse de produits locaux
Baños

Je pars ensuite en vadrouille de l’autre côté du Pastaza, qui a ici creusé un profond sillon dans la vallée.

Ville construite en surplomb du Pastaza, Baños

La ville est construite en surplomb du Pastaza
Baños

J’ai le loisir d’y admirer de jolies vues sur la ville et ses cascades…

La ville et ses cascades en surplomb du Pastaza, Baños

La ville et ses cascades en surplomb du Pastaza
Baños

18h. Je retourne aux bains de la Vierge pour profiter une dernière fois de ses bienfaits. Pendant une heure, je renouvelle le processus : une série d’immersions totales dans l’eau « bouillante » puis dans l’eau « glacée ». Je m’offre ensuite un resto un peu plus chic que d’habitude pour fêter le lancement de mon blog : un resto provençal, bon mais sans plus…

Demain matin, je dirais au revoir à Baños, une ville vraiment à part où je me serai senti vraiment bien…

Isinliví, un petit bout du monde…

Isinliví, mardi 24 juin 2014

10h. Je quitte l’hostal Mama Hilda, après un petit déjeuner assez typique du pays : œufs brouillés, pain brioché généreusement tartiné de beurre et de confiture, céréales et yogourt (ou lait au choix), jus de fruits fraîchement mixés et café ou thé. Il est si copieux que je peux facilement tenir jusqu’au soir !

Je prends ce matin la direction d’Isinliví, petit village situé au nord-est de Chugchilán. Avant de partir, je demande à Dario s’il n’aurait pas en réserve une carte de l’itinéraire que je m’apprête à emprunter. Il me dégotte la photocopie d’une carte plutôt très imprécise… C’est mieux que rien. Ah, que je regrette nos belles cartes IGN au 1:25000ème ! En même temps, ça donne à la balade un petit côté aventurier qui me plaît bien.

Me voilà donc reparti, mon sac sur le dos. J’emprunte une route non asphaltée pendant un moment puis bifurque sur un petit sentier après vérification auprès d’un habitant du coin. Le paysage qui défile lentement sous mes yeux est toujours aussi spectaculaire, malgré les nuages qui grisent un peu le tableau…

Rideau de pluie sur la verte campagne équatorienne, Chugchilán

Rideau de pluie sur la verte campagne équatorienne
Chugchilán

Habitation typique des campagnes équatoriennes, entre Chugchilán et Isinliví

Habitation typique des campagnes équatoriennes
Entre Chugchilán et Isinliví

Je tombe une demi-heure plus tard sur un homme assis devant sa maison. Je lui demande confirmation que je suis en bon chemin puis nous nous mettons à discuter. Il m’indique à quelques dizaines de mètres de là un belvédère aménagé que je n’avais pas encore vu et m’y accompagne. Je tombe instantanément sous le charme du panorama qui s’offre à moi : un profond canyon (toujours le Toachi) s’étire sur 180° en contrebas, filant vers le Pacifique en tailladant le plateau.

Canyon du Toachi, entre Chugchilán et Isinliví

Canyon du Toachi
Entre Chugchilán et Isinliví

Miguel est agriculteur et charpentier/sculpteur à ses heures. Il crée de jolis tableaux en bois sculptés puis peints à la main. Nous bavardons pendant trois bons quarts d’heure devant ce fabuleux paysage. Miguel redescend. Je reste de mon côté encore une bonne demi-heure à attendre que le soleil daigne se montrer entre les nuages pour photographier ce tableau. Il n’est pas décidé aujourd’hui, c’est bien dommage !

Miguel devant son paysage quotidien... Entre Chugchilán et Isinliví

Miguel devant son paysage quotidien…
Entre Chugchilán et Isinliví

13h. C’est reparti. Je passe dire au revoir à Miguel dans son atelier puis entame la descente du canyon, sur un sentier pentu et ensablé. J’arrive assez rapidement au fond du canyon et tombe sur une chapelle jouxtant une école en pleine effervescence. Les enfants, tous revêtus de leur tenue d’écolier, jouent dans la cour. Qu’il est agréable de naviguer dans ce décor et d’observer la vie quotidienne de ses habitants ! Je poursuis vers l’aval sur un chemin de terre. Des enfants traînent des branchages en direction de l’école pour je ne sais quelle raison (allumer un feu me semblant être la plus probable). J’essaie de prendre une photo de cette scène un peu originale, sans demander l’autorisation je l’avoue (il aurait été très difficile d’être spontané et de saisir l’instant si j’avais arrêté les enfants pour leur demander…). L’un des écoliers me demande 200$ pour la photo en passant à ma hauteur, puis cinq, puis un dollar. Le petit audacieux a tenté le coup !

Enfants portant des branchages vers l'école, entre Chugchilán et Isinliví

Enfants portant des branchages vers l’école
Entre Chugchilán et Isinliví

Je poursuis mon chemin, m’enfonçant de plus en plus dans le canyon. Je croise un homme à pied menant des chevaux bâtés de lourdes planches en bois traînant sur le sol… Vision d’un autre temps. J’arrive au même moment au niveau d’un superbe pont suspendu au-dessus du Toachi.

Chevaux transportant des planches de bois, entre Chugchilán et Isinliví

Chevaux transportant des planches de bois
Entre Chugchilán et Isinliví

Avant de me m’aventurer sur le pont de singe (le plancher ne m’a pas l’air très solide…), je jette un coup d’œil à ma carte et me rend compte qu’il y a un autre pont un peu plus loin (« logbridge » que je traduis par « pont fait de rondins »). Je décide de poursuivre, espérant que l’édifice est toujours là et qu’il est en état. L’adrénaline commence à monter en moi. Cet itinéraire est à l’évidence très peu fréquenté, le sentier est à peine marqué par endroit et la signalétique est plus que fragmentaire (quelques flèches défraîchies de ci de-là)… Je n’ai qui plus est croisé aucun autre randonneur jusqu’à présent. Et si je me perdais dans ce joli décor ?…

Pont suspendu au-dessus du Toachi, entre Chugchilán et Isinliví

Pont suspendu au-dessus du Toachi
Entre Chugchilán et Isinliví

L’autre pont est bien là : un simple tronc d’arbre abattu au-dessus de la rivière. C’est un passage de fortune mais c’est du solide. Je traverse sans aucune difficulté, content d’être passé en rive droite et de progresser.

Tronc d'arbre faisant office de pont, entre Chugchilán et Isinliví

Tronc d’arbre faisant office de pont
Entre Chugchilán et Isinliví

Je perds momentanément le sentier au niveau d’un pré où paissent quatre chevaux (tous attachés par une patte, comme la plupart des animaux domestiqués ici). Pas de panique, mon fil d’Ariane est forcément quelque part ! Je me rends compte qu’un glissement de terrain l’a coupé sur quelques mètres. Je poursuis le long du Toachi puis commence à m’élever sur le versant est du canyon.

Habitation isolée dans le canyon du Toachi entourée de petits champs de maïs, entre Chugchilán et Isinliví

Habitation isolée dans le canyon du Toachi entourée de petits champs de maïs
Entre Chugchilán et Isinliví

Des sentiers courent un peu dans tous les sens. La signalétique a totalement disparu. Mais qui gère donc cet itinéraire ?! Je suis mon instinct, essayant de garder le cap vers l’Est. J’aperçois bientôt un village en contre-haut. Je me dis que ça ne peut être qu’Isinliví, même si le doute subsiste. J’arrive à un embranchement. Droite ou gauche ? Droite. J’entame une montée raide dans un goulot étroit et fortement ensablé puis débouche sur un petit plateau enherbé. Je vois que je me suis éloigné du village et décide de redescendre jusqu’à la patte d’oie pour emprunter l’autre sentier. Je me sens de nouveau sur les rails et poursuis l’ascension…

Sentier ensablé aux parois quelque peu étroites..., entre Chugchilán et Isinliví

Sentier ensablé quelque peu… étroit !
Entre Chugchilán et Isinliví

Au bout d’une bonne heure de marche, j’atteins enfin un chemin de terre dont les lacets mènent à l’évidence tout droit au village. Je croise des écoliers en train de redescendre vers leurs maisons respectives, disséminées un peu partout dans la campagne. Encore une vision d’un autre temps. Des images de « La petite maison dans la prairie » me reviennent en tête, quand Laura et ses frères et sœurs se rendaient à l’école à pied, en suivant eux aussi un chemin de terre et en coupant à travers champ… Je demande à l’un des enfants s’il le village est bien celui que je crois. « Sí señor». Ouf ! Je grimpe, je grimpe. Les mollets commencent à tirer un peu et le sac à peser sur les épaules.

Vers 16h, j’atteins enfin le village et tombe directement sur l’hostal tant convoité ! Alix, volontaire néo-zélandaise en charge de l’hostal en l’absence de sa propriétaire, m’accueille chaleureusement. Je tombe instantanément sous le charme du lieu : un ancien corps de ferme entièrement restauré, meublé et décoré avec beaucoup de goût. La salle à manger est entièrement vitrée, offrant un panorama superbe sur la campagne environnante. L’hostal est qui plus est « eco-friendly » (toilettes sèches, consommation raisonnée d’eau et l’électricité, etc.). et reverse un pourcentage de ses bénéfices à la communauté locale.

Hostal Llullu Llama, Isinliví

Hostal Llullu Llama
Isinliví

J’opte pour un lit à l’étage (qui accueille un dortoir et quelques loges semi-privatives) et y prends mes quartiers. 19$ avec dîner et petit-déjeuner : rapport qualité/prix excellent. Un couple d’Allemands (Robert et Micaela) arrivent peu de temps après moi. Nous ne serons que trois ce soir à partager l’hostal et la compagnie d’Alix. C’est décidément une période calme dans la micro-région !

Salle à manger de l'hostal Llullu Llama, Isinliví

Salle à manger de l’hostal Llullu Llama
Isinliví

19h. Nous passons à table et là, l’hostal grimpe encore dans mon estime ! Gladys, cuisinière hors pair, nous a en effet concocté un délicieux et copieux dîner : soupe de quinoa, gratin dauphinois, gâteau… Je me régale et partage un très agréable moment avec mes trois convives.

21h30. Je me glisse dans un lit incroyablement douillet, repu de ce festin de nourriture, de conversations et de découvertes ! C’est décidé, demain, je reste une journée de plus à Isinliví pour profiter à nouveau, le temps d’une soirée et d’une nuit, de ce havre de bien-être…

Lits douillets, Hostal Llullu Llama, Isinliví

Les lits douillets du premier étage…
Hostal Llullu Llama, Isinliví

Isinliví, mercredi 25 juin 2014

Je profite de cette journée « off » pour partir explorer les environs du village d’Isinliví.

Isinliví et ses environs

Le village et ses environs
Isinliví

Je tombe en chemin sur quelques jolies espèces végétales.

Fleur, Isinliví

Une espèce aux petits chaussons jaune d’or…
Campagne d’Isinliví

Jolie fabacée aux fleurs bleues, Isinliví

Jolie fabacée aux fleurs bleues
Isinliví

En me baladant au milieu des pâtures, je tombe aussi sur deux lamas plutôt sympas…

Lamas, Isinliví

Lamas : Sont-ils pas mignons ces deux là ?
Isinliví

Le soleil n’est pas très décidé aujourd’hui malheureusement et le temps se gâte dans l’après-midi. Je rentre au bercail vers 15h. Peu de temps après, le brouillard envahit le village et une petite averse se met à tomber. Je suis bien content d’être au chaud et au sec !

S’ensuit une soirée tranquille à l’hostal en compagnie d’Alix et de deux nouveaux hôtes (canadiens anglophones). Le repas est un régal, comme la veille… Extinction des feux vers 22h.

Ah, j’allais oublié cette jolie petite bouille : Mélanie, la fille de Gladys, qui a passé un peu de temps avec nous… Des yeux qui pétillent pour une fillette pleine de vie !

Mélanie Hostal Llullu Llama, Isinliví

Mélanie
Hostal Llullu Llama, Isinliví

 

Latacunga, jeudi 26 juin 2014

9h : je mets les voiles et dis adieux à l’hostal Llullu Llama et Isinliví où j’aurais passé de très agréables moments. Aujourd’hui, je dois rejoindre Sigchos, bourgade située à une douzaine de kilomètres au nord d’Isinlivi, pour y prendre un bus et rejoindre Latacunga. Pour cela, il me faut emprunter pendant environ 3 heures une route non asphaltée serpentant comme un diable dans le relief tourmenté. Je traverse une troisième et dernière fois le canyon du Toachi, toujours aussi beau.

Merveilleuse campagne de la Sierra équatorienne, Route d'Isinliví à Sigchos

Merveilleuse campagne de la Sierra équatorienne
Route d’Isinliví à Sigchos

Je crois régulièrement des gens en plein travail dans les champs. Mon regard s’arrête sur un homme en train de butter des pieds de pomme de terre. Ici, les tracteurs sons rares et les travaux se font bien souvent à la force des bras… et des jambes pour braver les pentes souvent très prononcées.

Le dur labeur des campagnes, Sigchos

Le dur labeur des campagnes…
Sigchos

12h30. J’atteins, après une longue montée en lacets, le bourg de Sigchos. Contrairement à Isinliví, c’est un endroit plutôt glauque, sans charme. On sent aussi qu’il est davantage rattaché à la civilisation, route asphaltée oblige. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de petits terrains à vendre, sans trop comprendre pourquoi ici plus qu’ailleurs. Étant en avance sur l’horaire de mon bus, je me promène. Les gens me regardent souvent de la tête aux pieds, comme si je débarquais de la planète Mars. Ils ne croisent pas beaucoup de touristes par ici, ça saute aux yeux.

Rue lugubre jouxtant l'école, Sigchos

Plutôt lugubre cette rue qui jouxte l’école…
Sigchos

Je rejoins la gare routière et retrouve David et Jessica, les deux canadiens de l’hostal qui ont préféré louer les services d’une camioneta pour rejoindre Sigchos (10$). Notre bus part comme prévu à 14h30. S’ensuit une bonne heure et demi de route pour rejoindre Latacunga.

J’ai presque l’impression de rentrer chez moi lorsque j’arrive à la porte de l’Hostal Central. Je retrouve avec plaisir Viola, la propriétaire et Rocio, qui gère l’intendance. Je suis content aussi de récupérer mon sac à dos, resté en lieu sûr dans l’appartement de Viola. J’ai de nouveau une chambre donnant sur la place centrale de la ville. Je me pose quelques heures puis ressors en début de soirée pour dîner (encore un repas qui cale bien pour une bouchée de pain !).

Je me couche vers 23h, heureux d’avoir bouclé ce superbe itinéraire…

De Quilotoa à Chugchilán

Quilotoa, 22 juin 2014

5h30. Réveil aux aurores ce matin. Je retrouve Jessica, Ida et Mark sur la place centrale de Zumbahua à 6h45. Direction : Quilopungo, sur la route de Quilotoa, où nous allons passer la matinée à recevoir des locaux pour leur faire passer une sorte de visite médicale. On rejoint en camioneta un bâtiment qui s’apparente à une école désaffectée, située au bord de la route.

8h. Les premiers « patients » arrivent. Je suis en charge de consigner nom, prénom, âge, taille et poids. Enfants, parents, vieillards : je fais passer une cinquantaine de personnes au total. Un bel éventail de la population locale. Certains ne parlent pas Espagnol. Je me fais aider par ceux qui le parlent. 1,71 m : record de taille ! Les équatoriens sont petits, c’est un fait. Après avoir été mesuré et être monté sur la balance, chacun passe à tour de rôle entre les mains expertes de Jessica, Ida, Mark, Jon et Clay pour un petit check-up : rythme cardiaque, pression artérielle, souffle, glycémie, vue (très mauvaise de manière générale). Des médicaments de base (paracétamol, etc.) et, pour les enfants, des vitamines, une brosse à dent et du dentifrice leurs sont distribués. Il est surtout question ici de détecter des problèmes graves et de sensibiliser la population aux gestes de base pour une bonne santé.

Volontariat médical avec Clay, Jon, Jessica, Ida et Mark ; Quilopungo

Volontariat médical avec Clay, Jon, Jessica, Ida et Mark
Quilopungo

11h, ça commence franchement à se tasser. Je quitte les lieux vers 11h30 car je veux rejoindre Quilotoa vers midi pour avoir le temps de faire le tour du cratère à pied. Petite pointe de nostalgie au moment de quitter le groupe… Me revoilà seul à nouveau.

Je marche un peu sur la route puis fais signe à une voiture de s’arrêter. Le conducteur me demande 1$. Je négocie le trajet 0,25$. Vu que ça ne leur coûte rien du tout, ils acceptent souvent un tel rabais sur leurs « prétentions salariales ». Je ne paierai finalement rien du coup car il se trouve que j’ai fait passer le conducteur sur la balance ce matin et qu’il m’a reconnu…

Je reste dans le premier hostal sur lequel je tombe : l’Hosteria Alpaca, situé à l’entrée du hameau. Je réussis à négocier une place en demi-pension dans une chambre à trois lits (je serai seul à l’occuper), avec salle de bain et poêle (un plus qui fait vraiment la différence !), pour la modique somme de 15$ (au lieu de 25$). Ce n’est visiblement pas la haute saison, c’est pourquoi il est si facile de faire descendre les prix. Plutôt fier de moi sur ce coup-là.

L’après-midi sera riche en vues panoramiques et en émotions. Il me faut un peu moins de 5 heures pour parcourir le tour du cratère de Quilotoa dans le sens des aiguilles d’une montre, en suivant sa ligne de crête. Je traverse quelques passages vertigineux avec le lac à plusieurs centaines de mètres en contrebas… Avec de jolis coups de vent par moments, ça décoiffe !

Cratère de Quilotoa

Le cratère et son lac aux mille reflets
Quilotoa

Cette boucle est incontestablement l’un des sentiers les plus beaux que j’ai jamais empruntés : à ma droite, des vues sublimes sur le lac et les hautes parois du cratère ; à ma gauche, des panoramas superbes sur la campagne équatorienne environnante.

Incroyable nuance de vert, Quilotoa

Et toujours cette incroyable nuance de vert !
Quilotoa

J’aperçois des gens en train de travailler la terre au fond du cratère. Il est impressionnant de voir à quel point la terre est précieuse ici et jusqu’où les gens sont prêts à aller pour la cultiver. Le vent souffle fort et il ne fait pas chaud du tout (j’ai sur moi polaire, veste coupe-vent et écharpe). Il doit faire moins de 10 degrés. J’ai une petite montée d’adrénaline vers 16h30 avant d’attaquer le partie la plus haute car le point d’où je suis parti me semble encore loin. Et si j’avais un peu sous-estimé la durée de cette boucle ? J’ai l’impression d’être seul sur le cratère (je n’ai croisé depuis le départ qu’une poignée de randonneurs…).

La terre se cultive jusqu'au fond du cratère, Quilotoa

La terre se cultive jusqu’au fond du cratère !
Quilotoa

Mes craintes se dissipent lorsque j’atteins le point culminant du Quilotoa, à 3940 m d’altitude. Record battu ! De ce belvédère, j’ai la chance de pouvoir admirer le canyon de Zumbahua qui m’a tant fasciné ces deux derniers jours. La descente ne présente aucune difficulté et c’est finalement vers 17h30, bien avant la tombée de la nuit, que je boucle ce tour mémorable. Un « must » que je recommande vivement à quiconque est avide de grands espaces et de sensations fortes.

Le canyon, Zumbahua

Le canyon
Zumbahua (tout au fond à gauche !)

L’hostal s’est bien rempli pendant mon absence. Une douzaine de personnes sont confortablement installées au coin du feu, le plupart rivées sur un match de la Coupe du Monde (qui a lieu cette année au Brésil). Je sympathise rapidement avec Hassen et Aurélie, deux français vraiment chouettes parcourant l’Amérique du Sud depuis plusieurs mois et ayant, naturellement, une foule d’anecdotes à raconter et de bons conseils à partager. Je fais aussi la connaissance d’Anaïs, voyageuse toulousaine en solo depuis 6 mois, qui les accompagne depuis deux semaines.

Intérieur chaleureux de l'Hosteria Alpaca, Quilotoa

Intérieur chaleureux de l’Hosteria Alpaca
Quilotoa

J’allume un feu dans mon poêle. L’atmosphère de ma chambre change instantanément. Les braises qui commencent à se former au fond du poêle font vite grimper le thermomètre. Le dîner est copieux et achève en beauté cette journée merveilleusement riche en rencontres et découvertes…

Le poêle, Hosteria Alpaca, Quilotoa

Le poêle
Hosteria Alpaca, Quilotoa

Un lit douillet au coin du feu, Hosteria Alpaca, Hameau de Quilotoa

Un lit douillet au coin du feu
Hosteria Alpaca, Hameau de Quilotoa

Chugchilán, lundi 23 juin 2014

7h, je me lève. L’atmosphère de ma chambre s’est sensiblement rafraîchie pendant la nuit. Je rallume le poêle. Le petit déjeuner est servi à 8h à la grande table de l’hostal, tenu par une famille vraiment très sympathique et aux petits soins pour ses hôtes. Au menu : salade de fruits frais (banane, melon, pastèque…), céréales et yogourt, lait, pain, confiture, le tout arrosé d’un délicieux jus de fruits mixés et d’un bon café.

10h. Je quitte l’atmosphère chaleureuse de l’hostal un peu à reculons ; j’étais si bien ici ! Direction : Chugchilán, petit village situé au nord du cratère. J’emprunte le même sentier que la veille et commence à longer le cratère. La météo n’est pas terrible : la crète est partiellement dans le brouillard et le ciel est très chargé. Je ne serais pas étonné qu’il pleuve ce matin. La signalétique étant plus que fragmentaire dans le secteur et ne sachant pas trop à quel moment je dois bifurquer, je m’égare après quelques centaines de mètres. Je tombe sur une petite maison et demande mon chemin à son propriétaire. Celui-ci me propose de me conduire sur le sentier. Je lui suis, sachant pertinemment qu’il me demandera quelque chose une fois que nous serons arrivés. 5 minutes de grimpette plus tard, je suis de nouveau sur le sentier. Je concède 1$ à mon « guide » pour son service (il m’en demandait 5 !). Cette petite expérience me confirme qu’il faut ici se méfier des gens qui veulent te rendre service : ce n’est jamais gratuit ici et ça peut même te revenir très cher si tu te laisses faire…

Je poursuis mon chemin jusqu’à une plate-forme ensablée. Il se met à pleuvoir. Je sors l’artillerie : veste de pluie et sur-sac. J’aperçois soudain trois randonneurs arrivant en sens inverse. L’un d’entre eux porte une veste rose vif. Ce ne peut être qu’Anaïs, Hassen et Aurélie, partis avant moi ce matin pour faire le tour du cratère. Ils rebroussent chemin à cause de la météo. Ils sont tentés pour descendre jusqu’à Chugchilán. J’étais parti pour faire la route seul, nous serons finalement quatre ! Nous atteignons au bout de 2h environ la communauté de Guayama. Les sourires sont rares ici à notre passage. Nous nous posons sur le terrain de sport pour pique-niquer puis repartons sur le coup de 13h30.

Canyon du Toachi, entre Quilotoa et Chugchilán

Canyon du Toachi
Entre Quilotoa et Chugchilán

 

Nous atteignons la marge d’un profond canyon entaillé par le Toachi qui file vers le Nord. Le panorama est superbe. Il nous faut emprunter un sentier en lacets, traverser la rivière (sur un pont de fortune fait de troncs d’eucalyptus) puis remonter sur le versant rive gauche pour atteindre finalement le village de Chugchilán. Une belle rando au final, plus longue que prévue, ponctuée de discussions intéressantes avec mes trois compagnons d’un jour.

Hasse, Aurélie et Anaïs

Hassen, Aurélie et Anaïs, mes trois compagnons d’un jour
Canyon du Toachi entre Quilotoa et Chugchilán

Je m’attendais à débarquer dans un joli village. C’est tout le contraire. Je trouve l’endroit glauque et l’accueil de ses habitants plutôt réservé pour ne pas dire froid. Hassen, Aurélie et Anaïs trouvent tant bien que mal une camioneta. Le trajet jusqu’à Quilotoa est hors de prix comparé à tout ce que j’ai pu voir jusqu’à présent : tous demandent 25$ ! Hassen réussit tout de même à négocier le service pour 20$ ce qui leur revient à un peu moins de 7$ par personne. On se dit au revoir. J’étais très heureux de partager cette randonnée avec eux.

17h, j’arrive à l’hostal Mama Hilda, l’un des quatre gîtes du village, et ne regrette vraiment pas mon choix. C’est un endroit soigné, agrémenté de jolis massifs d’arbustes en fleurs. Des peintures, accompagnées de citations à caractère environnemental, sont disséminées un peu partout sur les murs et apportent une touche vraiment originale à l’ensemble. Un hamac invite au farniente devant chaque porte de chambre… mais il fait malheureusement trop froid pour vraiment en profiter. Dommage.

Hostal Mama Hilda, Chugchilán

Invite au farniente…
Hostal Mama Hilda, Chugchilán

Dario, le propriétaire, me fait faire le tour du jardin, en me donnant le nom de chaque espèce (il semble qu’on ait tous les deux un goût commun pour les plantes). Il me fait visiter aussi les deux grandes salles communes, meublées et décorées avec soin. Ce n’est décidément pas la haute saison dans le secteur : j’aurai l’hostal pour moi tout seul ce soir !

Jolie fleur sur un arbuste du jardin de l'hostal, Hostal Mama Hilda, Chugchilán

Fleur de Tibouchina urvilleana
Hostal Mama Hilda, Chugchilán

De jolies citations peintes sur les murs de l'hostal

De jolies citations peintes sur les murs de l’hostal
Hostal Mama Hilda, Chugchilán

De jolies citations peintes sur les murs de l'hostal, Hostal Mama Hilda, Chugchilán

« L’art, la gloire, la liberté s’étiolent, mais la nature restera toujours belle. »
Hostal Mama Hilda, Chugchilán

19h. J’entre dans la salle à manger. La cuisinière est aux fourneaux et ce qu’elle est en train de préparer me donne l’eau à la bouche. Le poêle est allumé et rayonne dans toute la pièce. J’ai droit à un vrai festin ce soir : soupe, omelette, pommes de terre frites, gateau… J’avale tout ce que m’apporte la cuisinière (dont j’ai malheureusement oublié le prénom) et me remplis l’estomac (un peu trop d’ailleurs). Je passe un très bon moment, seul, à profiter de ce copieux repas, même s’il aurait été bien plus agréable de le partager avec d’autres convives !

Zumbahua : enfin la campagne !

C’est parti pour la grande boucle du Quilotoa !

Zumbahua, 20 juin 2014

5h30. Le réveil sonne. Je termine de préparer mon sac, prends mon petit déjeuner en compagnie de Viola, fais quelques courses au supermarché du coin et retire quelques dollars pour compléter ma cagnotte (pas de distributeurs là où je vais), avant de prendre la direction de la gare routière. Je grimpe tout de suite dans un bus pour Zumbahua. Ici, on se préoccupe peu des horaires des bus. Il en part un généralement bien assez souvent ! Je prends place à côté d’une jeune femme au fond du bus. On commence à discuter. Elle a 20 ans, s’appelle Blanca et vit avec sa famille entre le village de Zumbahua et le cratère de Quilotoa. Nous passons tout le trajet (1h30) à bavarder de chose et d’autre, tant et si bien qu’on s’échange nos numéros de téléphone et qu’on décide de se revoir le lendemain (puisque je serai dans le secteur). Le parcours en bus est un vrai bonheur. Enfin je quitte les secteurs urbanisés, surpeuplés, pollués et dégradés par les constructions qui s’étalent en tous sens. Enfin je prends de la hauteur et m’enfonce dans la campagne équatorienne, celle qui m’a conduit à faire figurer ce petit pays sur ma liste des pays à visiter (ça et les volcans bien sûr !).

11h30. Je débarque à Zumbahua, petite bourgade tranquille environné de montagnes et de collines, parées d’une fine mosaïque de champs et de prairies. Un profond canyon file vers le nord. Ce paysage m’enchante, je sens que je vais me plaire ici. Je me présente directement à l’hostal Condor Matzi, qui fait face à la place centrale où aura lieu le marché hebdomadaire du samedi. Par chance, c’est demain ! 7$ la nuit pour une chambre à trois lits dans laquelle je serai finalement seul. Une bouchée de pain. Je rencontre trois américains dans la petite salle à manger de l’hostal : Jessica, Ida et Mark, tous trois étudiants en médecine et menant une enquête sanitaire sur la population locale. Je sympathise rapidement avec eux et on se met d’accord pour manger ensemble vers 14h. Je file faire un tour dans le village. Les gens ont l’air plus ouverts ici qu’à Latacunga ou Quito. Certains me serrent même la main après les salutations d’usage.

La faim faisant, je m’arrête à la table d’un petit stand de rue pour manger un morceau (frites et œufs brouillés). Je suis seul entouré de locaux ; les regards sont un peu intimidants mais je commence à m’y faire. J’échange quelques mots avec un homme qui s’installe à côté de moi puis reprend ma promenade. 14h arrive. Je retrouve les américains et fait la connaissance de Clay, qui fait partie du groupe. Nous nous installons à la table de l’un des rares restos du village et commandons l’« almuerzo ». Une soupe (avec morceaux de viande) suivi d’un plat à base de riz et de poulet (le « pollo » est cuisiné à toutes les sauces ici !). 2,50$ pour l’ensemble…

Enfants rentrant de l'école, Zumbahua

Enfants rentrant de l’école
Zumbahua

Je pars dans l’après-midi me balader, sac sur le dos pour transporter mon reflex (que je n’ose pas exhiber). Direction : le canyon qui me fait de l’œil depuis que je suis arrivé. J’emprunte un chemin de terre au pied d’un versant couvert de petites parcelles cultivées. Des maisons isolées s’égrainent de part et d’autre du chemin. Je croise des enfants qui rentrent de l’école par petits groupes. Ici, pas de ramassage scolaire, il faut marcher pour aller s’instruire. La plupart des enfants me saluent, certains semblant un peu intimidés par ce « gringo » qui semble s’être égaré…

Récoltes, Zumbahua

C’est la période des récoltes dans les campagnes
Zumbahua

Le canyon est vraiment impressionnant, avec ses décrochés vertigineux. Et dire que c’est ce mince filet d’eau tout au fond qui a creusé l’ouvrage !

Canyon, Zumbahua

Un profond canyon entaille le plateau
Zumbahua

La plupart des gens que j’aperçois devant les maisons me renvoient poliment mes « Buenas tardes ». Quelques uns s’arrêtent même pour échanger quelques mots. Deux femmes en train de faucher du blé à l’aide de serpettes attirent mon attention. L’une porte du bleu, l’autre du rouge ; l’occasion est trop belle il faut que je les prenne en photo. Je m’en approche et leur demande l’autorisation de les photographier. Elles acceptent mais je sens malgré tout que ma présence les gêne.

Femmes récoltant de l'orge, Zumbahua

Femmes récoltant l’orge bien mûr
Zumbahua

Je croise un peu plus loin un homme au volant d’un pick-up. Il s’arrête pour me mettre en garde contre des voleurs qui séviraient dans le coin… Il a l’air louche, je sens qu’il cherche simplement à me faire peur (sentiment confirmé un peu plus tard en interrogeant les habitants). Je continue d’avancer puis vers 16h, me décide à rebrousser chemin.

 

17h30. Je suis de retour à l’hostal. Les américains ne sont pas là ce soir. Je prends une bonne douche puis me pose un peu. Je me vois offrir à dîner ce soir à l’auberge.

20h30. Au lit, comme les poules, car le lever demain matin se fera aux aurores pour assister au marché local.

Zumbahua, 21 juin 2014

5h30, le réveil sonne. La place du village est déjà bien animée. Klaxons et musiques criardes vocifèrent à tue-tête. Je suis près pour 6h. La place s’est métamorphosée pendant la nuit. Des stands ont bourgeonné côte à côte pour envahir tout l’espace. Vêtements, chaussures, fruits et légumes, viandes, farines, graines, bestiaux, peaux de bestiaux… La diversité des produits ne manque pas. Il manque juste l’artisanat local. C’est à l’évidence un marché local, pour les locaux.

Cuisine au marché local, Zumbahua

On cuisine dès l’aube au marché local
Zumbahua

De nombreux stands proposent de la nourriture à prendre sur place, chacun disposant d’une table et d’un banc. De grosses marmites laissent échapper des effluves de barbaque en train de cuire. Des abats la plupart du temps. Un lève-coeur de bon matin ! Je me pose à un stand pour prendre des empanadas (beignets) et un café (sucré, je n’ai pas le choix). Il est bon de ce poser un peu au milieu de ce beau foutoir. Joli brouhaha de vois et de couleurs.

Un peu submergé par toute cette agitation, et peut-être un peu intimidé par les regards (je suis le seul gringo en immersion pour le moment), je décide de sortir du village pour prendre de la hauteur. Accompagné de mon reflex, je me mets en quête d’aller au sommet d’une colline surplombant le village. J’y vais à vue en empruntant un chemin de terre jonché de détritus. A l’évidence, la conscience écologique n’a pas encore frappé les campagnes ici.

20140621-12

Je croise sur le chemin une vieille dame se rendant au marché. Je lui demande la route, échange quelques mots avec elle, et en profite pour la prendre en photo.

Vieille dame, Zumbahua

Vieille dame se rendant au marché
Zumbahua

Qu’il est agréable de se balader au milieu des cultures ici. C’est un véritable patchwork de couleurs et de textures. De petites parcelles de papa (pomme de terre), avena (avoine), cebada (orge), chocho (lupin) ou encore haba (fève) alternent avec des lopins de terre labourés ou enherbés (non cultivés). Chacun semble disposer ici de quelques parcelles autour ou à proximité de l’habitation. De quoi faire pousser les vivres utilisés pour la cuisine quotidienne ou qui seront vendus sur le marché. C’est comme un saut dans le temps. Je m’imagine facilement la France fonctionner comme ça avant la révolution agricole et industrielle.

Diversité des cultures, Zumbahua

Diversité des cultures
Zumbahua

Les champs de lupin sont un régal pour les yeux. Je ne savais pas qu’on pouvait consommer ses graines ! C’est une culture que l’on rencontre fréquemment ici. Malheureusement, les champs accueillent eux aussi leur lot de détritus, souvent apportés par le vent…

Je prends quelques photos du village, en pleine effervescence, puis redescend pour une nouvelle immersion dans le marché.

Marché local sur la place centrale du village, Zumbahua

Marché local sur la place centrale du village
Zumbahua

J’avoue que je ne suis pas tout à fait à l’aise au milieu de toute cette foule de locaux. Le reflex autour du coup, je me mets en quête de photographier le marché. Un homme en train de coudre à la machine attire mon attention. Il me demande 1$ pour pouvoir le photographier. J’accepte volontiers car la scène est à mon goût plutôt originale…

Homme à la machine à coudre, Zumbahua

Homme à la machine à coudre
Marché de Zumbahua

Je continue à parcourir les allées et réussis à prendre quelques clichés sympas.

Dans le feu de l'action, Zumbahua

Dans le feu de l’action
Zumbahua

Conciliabule de femmes au marché, Zumbahua

Conciliabule de femmes au marché
Zumbahua

Tenue vestimentaire typique des femmes d'ici, Zumbahua

Femme revêtue de la tenue traditionnelle
Zumbahua

Vers 10h30, je pars avec le groupe d’américains (Jessica, Ida, Mark, Clay… et Jon, que j’ai rencontré au petit matin). Nous partons tous les 6 pour le Quilotoa. On négocie une « camioneta » (nom donné ici au pick-up) pour 4$. Le voyage à l’arrière du pick-up est une expérience nouvelle. Pendant le trajet, Jessica me propose de les aider demain matin pour une action de volontariat médical. Je saute sur l’occasion et accepte volontiers. Je resterai donc une nuit de plus à Zumbahua. Nous nous faisons déposer 15 minutes plus tard à l’entrée du site : un hameau peuplé quasi-exclusivement d’hostals et de restaurants. Visiblement très touristique.

Nous grimpons au mirador. Le panorama sur le cratère et sa lagune est absolument sublime. Eaux vert émeraude quand le soleil y plonge ses rayons. Mais ce qui me fascine le plus, c’est la couleur de l’eau le long de la rive : une nuance que je n’ai de mémoire jamais observée.

De sublimes nuances de vert, Laguna de Quilotoa

De sublimes nuances de vert
Laguna de Quilotoa

Quilotoa

Le cratère et sa lagune (au fond, son point culminant à 3940 m)
Quilotoa

Nous prenons quelques photos souvenir puis entamons la descente vers le fond du cratère en suivant un chemin parfaitement dessiné mais très sableux et donc glissant.

Un Nico dans son élément..., Mirador du Quilotoa

Un Nico dans son élément…
Mirador du Quilotoa

Le vent souffle, chargé de particules fines. Tant et si bien que mes yeux n’en peuvent plus. Je suis contraint de jeter mes lentilles de contact et de repasser aux lunettes. La paire n’aura pas fait long feu ce matin… La descente ne nous pas prend pas plus de 40 minutes. Au fond du cratère se trouve une petite plage. Jon me propose de faire du kayak sur le lac avec lui. Je laisse mon sac de rando et mon reflex à Jessica et grimpe dans le kayak. C’est parti pour une demi-heure de glisse sur les eaux calmes du lac. Discussion sympa avec Jon. Nous décidons d’aller au centre du lac pour ressentir toute la magie de ce lieu si particulier. Moment d’exception.

Kayak sur la lagune du Quilotoa

Kayak avec Jon sur le lac de cratère
Quilotoa

La remontée vers le hameau de Quilotoa se fait piano piano car les jambes se font lourdes et le souffle court. Passage au marché permanent de Quilotoa. Dès que je m’approche d’un stand, je me fais alpaguer par la vendeuse (ou sa fille) qui me déballe illico ponchos, écharpes, gants et chaussettes en laine d’alpagua, tentant de me convaincre d’emporter « un recuerdo » (un souvenir) de Quilotoa. Je n’achète qu’un châle que j’offrirai à ma petite maman.

Vers 14h30, nous reprenons une camioneta en direction de Zumbahua. Jon, Clay et moi nous faisons déposer en chemin car nous sommes invités à manger chez Blanca (rencontrée dans le bus la veille). Le monde est petit : il se trouve que Jon est hébergé chez elle pendant son séjour à Zumbahua. Pour atteindre la maison, il faut couper à travers champs. Blanca est aux fourneaux quand nous arrivons. Au menu : un plat typique à base de pommes de terre et de tripes baignant dans une soupe. Moi qui raffole des abats, je suis comblé… Je me force malgré tout à manger par politesse.

Clay et Jon

Clay et Jon
Chez Blanca, Zumahua

Après le repas, Blanca, son petit frère (Jorge), Jon et moi partons nous balader vers le canyon.

Canyon, Zumbahua

Canyon
Zumbahua

Comme la veille, je m’extasie devant cette œuvre sculptée par les éléments. Jorge, avec l’insouciance de ses 12 ans, court comme un petit fou le long du précipice… Les bords ne m’ont pas l’air très stables, je tends un peu le dos ; une chute et c’est la mort assurée.

Jorge n'a visiblement pas peur du vide !, Zumbahua

Jorge n’a visiblement pas peur du vide !
Canyon de Zumbahua

Nous passons un super moment tous les 4 à longer le canyon puis passons chez les grands-parents de Blanca qui habitent une toute petite maison non loin de là.

Superbe après-midi en compagnie de Blanca et Jon, Zumbahua

Superbe après-midi en compagnie de Blanca et Jon
Zumbahua

 

Blanca, Jorge et Jon, Canyon de Zumbahua

Blanca, Jorge et Jon
Canyon de Zumbahua

Ils élèvent des cochons d’Inde (le fameux cuy, symbole culinaire de l’Équateur) pour leur consommation personnelle dans une cabane au toit de chaume. J’aperçois une bonne vingtaine de bêtes à poil. Dire qu’ils finiront dans la marmite… Nous pénétrons dans la cahute, enfumée au point que ça en est difficilement respirable.

Cabane traditionnelle, Zumbahua

Cabane traditionnelle
Zumbahua

La grand-mère de Blanca y alimente un feu pour faire bouillir l’eau qui servira à faire sa toilette. Cette vieille dame me fait mal au cœur. Elle a l’air de souffrir horriblement du dos et ses conditions de vie sont vraiment précaires… Elle ne parle pas un mot d’Espagnol. Blanca lui parle en Kichwa (et non le Quechua que l’on rencontre au Pérou), dialecte parlé par les anciens dans les campagnes reculées de l’Équateur. Nous croisons aussi le grand-père de Blanca, appuyées sur ses deux cannes. Dur dur d’être un vieillard ici…

Retour chez Blanca à la tombée de la nuit. Il fait presque nuit noire lorsque nous nous dirigeons tous les trois vers la route pour rejoindre Zumbahua. Un bus arrive de Quilotoa. On lui fait signe. Il s’arrête. Qu’il est facile de se déplacer dans ce pays !

Ce soir, j’assiste en compagnie de Blanca, Jon et Clay à une fête traditionnelle sur la place centrale de Zumbahua. A tour de rôle, de jeunes couples procèdent à une danse folklorique autour d’un cercle de pétales de roses. Les pas sont pour la plupart peu assurés, on sent qu’ils n’ont pas beaucoup répété. Ça reste joli malgré tout.

Je quitte l’assemblée vers 21h30 pour mon lit, à quelques pas de là, toujours à l’hostal Condor Matzi. Magiques sont mes boules Quies qui transforment le brouhaha en un doux murmure… Une journée incroyablement riche se termine avec des souvenirs pleins la tête…

Quito… ou le début de l’aventure !

Voici un peu plus de 15 jours que je suis parti. Tout s’est enchaîné très vite et, du coup, je n’ai pas trop eu le temps de me poser pour écrire ce premier article et lancer officiellement le blog. Par où commencer ? Il y a déjà tant à raconter… Et si je commençais par mon arrivée en Équateur ?

Quito - vue depuis El Panecillo

Quito, centre colonial
Vue depuis El Panecillo

Paris – Quito, 15 juin 2014

C’est donc le 15 juin dernier, vers 8h15 que décollais mon avion pour ce petit pays d’Amérique du Sud où j’allais commencer mon périple d’un an autour du monde… Un vol Iberia de 13 heures au départ de Paris, entrecoupé d’une escale dans l’immense aéroport flambant neuf de Madrid. Arrivée en terre inconnue vers 17h, heure locale. Il est déjà 2h du matin en France métropolitaine… Bizarre de me dire que tout le monde dors déjà depuis longtemps là-bas.

Mon passeport reçoit son premier coup de tampon à la douane, le voici baptisé ! Petite montée de stress devant le tapis à bagages. Mon sac de rando finit par arriver, intact. Soulagement. Il est à présent temps d’aller retirer dans un distributeur quelques billets dans la monnaie locale : le dollar américain. Après quelques essais infructueux, je finis par réussir à retirer 200 dollars. Mes deux cartes bleues – Master Card et Visa – fonctionnent et c’est là encore un soulagement.

18h, je retrouve Carolina, mon hôte de ce soir, rencontrée sur Couchsurfing il y a deux semaines. Jolie femme, 38 ans, elle vit au sud de Quito avec sa mère et sa sœur. Je grimpe dans son pick-up. Direction : la ville ! L’aéroport, construit récemment, est en fait assez éloigné de la capitale et il nous faut une bonne demi-heure avant de pénétrer dans la mégapole. J’aperçois au loin, vers le sud, mon premier volcan : le Cotopaxi. Cône parfait couvert de neiges éternelles, illuminant l’horizon du haut de ses 5897 m. Fascinant. Le ciel est parfaitement dégagé et le soleil du soir inonde de ses rayons les versants verdoyants de la Sierra. La nuit commence à tomber.

18h30, il fait presque nuit noire. Changement de décors : tout est en espagnol. Je n’aurai pas trop de mal à m’y faire, ayant appris la langue à l’école et ayant encore de bons restes… Carolina passe prendre sa sœur (Marti) et une amie à elle puis nous filons vers le centre ville. Le cœur de Quito, construit sur de petites collines, est, de nuit, un ravissement pour les yeux. Nous arrivons au pied de la Virgen de El Panecillo, aussi connue sous le nom de Virgen de Quito. Immense statue perchée sur une jolie colline au sud du vieux Quito colonial. Elle accueille dans son ventre un petit musée. Je paye l’entrée pour nous quatre : 1$ par personne, je sens que je vais aimer le coût des choses ici. Le musée n’est pas terrible mais la vue sur la ville vaut le coup.

Nous reprenons la route, déposons l’amie de Marti, nous arrêtons pour manger un bout dans un petit resto et arrivons finalement chez Carolina. Elles vivent dans un « conjunto », une résidence privée entourée de hauts murs avec un portail d’entrée sécurisé. Elles habitaient auparavant une grande maison un peu à l’extérieur de la ville mais, il y a 8 ans, elles se sont fait intégralement voler leur biens (les voleurs ont pratiqué un « déménagement express » en quelques heures). Ne pouvant plus habiter cette maison par peur que cela recommence, elles ont sacrifié le confort d’une grande propriété pour une petite maison sécurisée… Carolina, Marti et leur mère tiennent toutes les trois une petite entreprise de vente de vitrages et possède un bureau et un petit atelier à quelques kilomètres de la maison. Carolina me prête sa chambre pour la nuit. Bel accueil. Je lui offre en remerciement un souvenir de France, pays qu’elle ne connaît pas vraiment visiblement. Il est près de minuit quand je me mets au lit. Je peux enfin souffler un peu et me reposer. Le voyage a été long et je suis bien content de pouvoir profiter de quelques heures de sommeil…

Quito, 16 juin 2014

Petit déjeuner de roi avec la famille de Carolina : jus de « tomate de árbol » (un fruit qui ressemble à une tomate mais dont le goût diffère sensiblement et qui pousse sur ce qui s’apparente à un arbuste – surtout utilisée pour faire des jus de fruit), œufs brouillés, quelques quartiers d’orange, biscuits, tranches de banane frites à la poêle, le tout arrosé d’un petit café (je suis le seul à en prendre, apparemment ce n’est pas dans les habitudes des Solano). Après un passage rapide par l’atelier puis le bureau de la famille, je prends le bus avec Carolina en fin de matinée pour rejoindre le centre historique de Quito. Elle peut apparemment se libérer pour passer le reste de la journée avec moi. Cool !

Eglise dans le vieux Quito

Intérieur d’église
Centre colonial de Quito

Nous visitons donc ensemble le centre colonial historique. Je suis impressionné par le nombre d’églises qui parsèment le vieux Quito. Elles ont d’ailleurs justifié le rattachement de la capitale par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité (1978). L’une d’entre elles m’émerveille tout particulièrement : la Iglesia de la Compañia de Jesus, une véritable oeuvre d’art à elle toute seule. L’intérieur est intégralement paré d’or fin. Probablement le plus beau monument religieux que j’ai jamais visité. Dommage qu’il ne soit pas permis d’y prendre de photo !

Prière, Quito

Prière
Quito

La Plaza de la Independencia, dénommée aussi Plaza Grande, est un coup de cœur. Elle fait face au Palacio de Carondelet, qui n’est autre que le siège du Gouvernement et la résidence officielle du président de la République d’Équateur. Nous arrivons juste après la relève de la garde présidentielle. Dommage… Les espaces verts sont particulièrement soignés sur la place et il fait bon y flâner un peu.

Palais présidentiel

Entrée du palais présidentiel
Plaza de la Independencia, Quito

Catedral Metropolitana de Quito

Catedral Metropolitana de Quito
Plaza de la Independencia, Quito

J’aperçois de-ci delà des femmes en tenue traditionnelle : chapeau, queue de cheval, poncho, jupe, collants blancs et petits souliers noirs. Elles portent toujours des couleurs vives. L’un des traits caractéristiques du paysage culturel andin. Très dépaysant ! Je suis surpris par le nombre de vendeurs ambulants et surtout par ce qu’ils vendent : de tout et de rien. Certains sont ultra-spécialisés (tickets de loterie, antennes, télécommandes, nourritures en tous genres, j’ai même vu une femme agiter de minuscules filets à papillon sur la Plaza Grande en essayant en vain d’attirer un acheteur…). La plupart répètent en boucle leur mantra en aguichant les passants qui daignent rarement leur prêter attention.

El Panecillo vu depuis la Basilica del Voto Nacional, Quito

El Panecillo et secteur nord de la ville de Quito
Vu depuis la Basilica del Voto Nacional

Visite de la Basilica del Voto Nacional dans l’après-midi, une basilique de style gothique toute grise. On peut monter dans l’une de ses tours pour 2$. Carolina n’est pas tentée, j’y vais donc seul. Et ne regrette pas mon choix : la vue sur Quito au nord et au sud est imprenable !

Ville d Quito vue depuis la Basilica del Voto Nacional

Ville de Quito, secteur sud
Vu depuis la Basilica del Voto Nacional

Illumination, Catedral del Voto Nacional

Illumination
Catedral del Voto Nacional, Quito

Nous prenons à présent un taxi pour rejoindre le quartier La Mariscal, plus au nord, et rejoindre son centre névralgique : la place Fosh. Le taxi est le moyen le plus commode de se déplacer dans toute la ville. Le trajet du centre colonial au quartier de la Mariscal coûte moins d’un dollar. Attention cependant à ne pas se laisser arnaquer par les chauffeurs qui n’hésite pas à doubler voire décupler le prix de la course. La plupart sont sans scrupule envers les gringos, les blancs américains ou européens dont je fais partie.

On trouve dans les parages de la place Fosh beaucoup de cafés, restos et agences de voyage fréquentés par les touristes du monde entier. Nous nous arrêtons dans un café internet pour prendre un verre et trouver l’adresse d’un hostal (nom local donné indifféremment à une auberge de jeunesse ou un gîte) sur le Web : la Casona de Mario. Nous reprenons un taxi pour nous y rendre. L’hostal, même s’il est un peu excentré, a l’air sympa et s’avère bon marché (10 $ le lit dans une chambre de trois). Des français semblent y avoir fait leur quartier. Je réserve pour ce soir.

Nous reprenons à présent le bus pour rejoindre le bureau de Carolina car il faut que je récupère mon gros sac de rando, abandonné le matin pour pouvoir me balader tranquillement. Cela nous prend pratiquement une heure car il faut retraverser une bonne partie de la ville. Marti propose de me déposer à l’hostal car elle doit se rendre au centre-ville. Cool !

Je m’installe dans ces nouveaux quartiers pour la nuit et probablement la suivante. Fin d’une journée bien remplie.

Quito, 17 juin 2014

Quito, secteur nord

Quito, secteur nord
Vue depuis El TeleferiQo

Cette journée est surtout marquée par la montée au TeleferiQo, le célèbre téléphérique qui permet de grimper à près de 4000 m d’altitude en surplomb de la ville, au pied du volcan Pichincha. C’est accompagné de Carolina et de deux de ses amies, Ani et Gabi, que je me rends sur ce site exceptionnel.

Ani, Gabi et Carolina

Ani, Gabi et Carolina
TeleferiQo, Quito

De là-haut, la vue est splendide. Quito s’étend en contrebas tel un ruban sur près de 50 km. De quoi se rendre vraiment compte de l’étendue de cette ville immense !

Quito - secteur sud

Quito – secteur sud
Vue depuis El TeleferiQo

Il ne fait pas bien chaud à cette altitude et je suis bien content d’avoir sur moi une veste coupe-vent de qualité. Crème solaire haute protection de rigueur également car, il y a beau avoir des nuages, ça tape dur !

Sur les hauteurs de Quito

Sur les hauteurs…
TeleferiQo, Quito

Quito, 18 juin 2014

Une journée en demi-teinte… Difficile de se retrouver tout seul dans une si grande ville, un environnement si peu familier. Je l’avoue, je me sens parfois un peu perdu. Il faut savoir se faire violence pour aborder quelqu’un dans la rue et lui demander son chemin, dans une langue qui n’est pas la mienne et que je ne maîtrise pas encore forcément très bien. La ville est une immense fourmilière, grouillant de passants, de vendeurs ambulants, de voitures et de bus. Un rythme assez fatiguant à la longue…

Demain, je prendrai le bus pour Latacunga, au sud de Quito. Il me tarde de quitter l’enfer urbain pour retrouver, je l’espère, un rythme un peu plus tranquille à la campagne et un air moins pollué. Quito est en effet une ville souffrant beaucoup de la pollution. Les innombrables bus qui parcourent continuellement la ville n’y sont pas étrangers. La plupart fument tout noir et c’est une bonne bouffée d’air vicié que l’on se prend à chaque fois que l’un d’entre eux passe à proximité. Les voitures sont également très nombreuses et le trafic souvent dense. Mais ce qui m’étonne le plus dans cette ville, c’est le nombre de taxis : 28 000 des dires de l’un d’entre eux. Ils sont partout, conduisant leurs clients à destination ou errant dans la ville à la recherche d’un passant en quête d’une course, se suivant parfois à la queue leu leu sur la route ou le long des trottoirs.

J’espère que je pourrai depuis ce nouveau point de chute m’aventurer un peu dans les montagnes, ou, au moins emprunter quelques sentiers et découvrir un peu la campagne équatorienne et ses beaux grands espaces.

En fin d’après-midi, je passe faire quelques petites courses non loin de l’hostal et tombe par hasard sur un petit atelier-vitrine artisanal tenue par des femmes en tenue traditionnelle. Je craque pour un bol en bois superbement peint à la main et deux petites tortues taillées dans la pierre, vendues par Francesca qui tient l’un des stands de la boutique. J’aurai bien aimé lui acheter aussi une peinture dans le style typique équatorien mais la place va manquer dans le sac… Je profite de l’occasion pour lui demander l’autorisation de la photographier, elle et son petit qu’elle porte dans son dos. Elle accepte, avec un franc sourire en plus !

Francesca et Dilan, Quito

Francesca et Dilan
Quito

Ce soir, je ne me sens pas très bien. Le moral dans les chaussettes, besoin de dormir depuis que je suis rentré de mon tour en ville (vers 15h), pas très envie de rejoindre les autres résidents de l’auberge… J’espère que je ne suis pas déjà victime du choc culturel et que ça va passer rapidement. C’est peut-être lié à la lassitude que je ressens déjà à être en ville, à savoir que de superbes volcans ne sont pas très loin et que je n’ai pas encore pu les approcher de prêt… Demain, je me libère du carcan urbain et je passe à autre chose !

Quito – Latacunga, 19 juin 2014

Réveil aux aurores (6h15) ce matin après une très longue nuit de sommeil (je me suis couché comme les poules vers 20h). Pas très rassuré à l’idée de prendre le taxi puis le bus pour Latacunga avec toutes mes affaires avec moi. Peur de me faire voler dans le bus ou de tomber sur un mauvais numéro en prenant le taxi… Il faut dire que j’ai entendu pas mal d’histoires d’agressions perpétrées par des chauffeurs de taxi (on monte dans un taxi et on se fait dépouiller de toutes ses affaires), ou des voyous en pleine rue (et là, j’ai eu écho d’histoires s’étant très mal terminées…) mais aussi de vols en tous genres dans les bus. Et puis, la famille de Carolina m’a mis en garde. « Cuídate Nico!» (Fais attention !), m’a souvent répété Marti. On verra bien, je vais tenter de protéger mes deux sacs au maximum. Le risque fait partie du voyage, pas vrai ? Apparemment, je devrais me sentir plus en sécurité une fois que j’aurai quitté le Pérou, la Bolivie, l’Argentine et le Chili étant censés être des pays plus sûrs.

Tout se passe finalement très bien. Je cherche à prendre un taxi en sortant de la Casona de Mario mais le premier chauffeur sur lequel je tombe essaie de m’arnaquer, et pas qu’un peu : 25$ pour rejoindre la gare routière de Quitumbe (à l’extrême sud de la ville) alors qu’en bus, ce trajet ne coûte que 25 centimes ! Même pas en rêve. « No gracias señor ». Juste après avoir refermé la porte de cet arnaqueur, je me fais accoster par un homme en costard cravate. Celui-ci me conseille vivement de prendre le bus plutôt que le taxi et m’accompagne même jusqu’à l’arrêt de la ligne « Ecovía » (l’un des quatre grands axes parcourant la capitale dans sa longueur). Je me méfie toujours des gens qui m’accostent comme ça dans la rue, leurs intentions pouvant être mauvaises. Celui-ci m’a l’air sympa et honnête. Alors, je le suis. Rencontrer ce genre de personnes met du baume au cœur. Je grimpe dans le bus et ne paye effectivement que 25 misérables petits centimes de dollars pour traverser toute la ville ! Vu qu’elle s’étire comme un ruban sur près de 50 km au pied de la montagne, il faut un certain temps. J’arrive à la gare routière de Quitumbe vers 10h. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi moderne. Le bâtiment est flambant neuf. C’est assez fou comme le décrépi peu côtoyer le moderne ici.

Me voilà en moins de 5 minutes dans le bus pour Latacunga, ville de 170 000 âmes située à une centaine de kilomètres au sud de Quito. Je suis contraint de mettre mon sac de rando dans la soute. Je n’aime pas trop ça car j’ai entendu pas mal d’histoire de vols d’affaires dans les soutes des bus en Amérique du Sud… Je garde avec moi mon sac de jour, avec tout ce que j’ai de valeur (ordinateur portable et reflex notamment).

1h30 plus tard, je débarque à nouveau dans l’inconnu, chargé de mes deux sacs, le gros derrière, le petit devant. Je me mets en quête de trouver l’Hostal Central, situé en plein centre-ville, en m’aidant de la carte de mon guide et en demandant mon chemin aux passants ou dans les boutiques qui s’enchaînent les unes après les autres. J’arrive à bon port. Très bon accueil. Rocio, qui gère l’intendance, et Viola, la propriétaire de l’hôtel, m’accueillent avec un café. Je sens que je vais me plaire ici. On discute un petit moment puis je prends possession de ma « privada » : une grande chambre avec salle de bain et vue sur la place centrale de la ville pour 15$.

Vue sur la place centrale depuis ma chambre, Latacunga, Hostal Central

Vue depuis ma chambre
Hostal Central, Latacunga

Il doit être aux environs de midi lorsque je pars faire un tour en ville. Visite du marché couvert où je trouve de quoi me remplir l’estomac pour trois fois rien. Je me rends vers 14h à l’office du tourisme où je suis plutôt bien conseillé. On me donne notamment un mini guide pour réaliser le fameux « Quilotoa Loop » dont j’ai vaguement entendu parler jusqu’à présent… Je passe également dans une agence pour me renseigner sur les possibilités de trekking autour du Cotopaxi, le gros volcan du coin.

Je me pose un peu en fin d’après-mi dans ma chambre où je profite du wi-fi pour répondre à quelques mails. Je ressors en début de soirée pour aller manger et tombe sur un petit resto très sympa (Lucho Candelas), à quelques centaines de mètres de l’hostal. J’y mange de délicieuses frites (papas fritas) agrémentées de quatre sauces maison. Un régal.

De retour à l’hostal, je me décide : demain je pars pour la boucle du Quilotoa ! Je prendrai tout d’abord le bus pour Zumbahua puis ferai du stop jusqu’au Quilotoa. Je ferai le tour du cratère puis marcherai jusqu’à Chugchilán puis Insinliví puis Sigchos où je reprendrai un bus pour boucler la boucle et revenir à Latacunga. Je prévois 5 jours pour parcourir l’ensemble. C’est un plan « à l’arrache », on verra bien ! J’emmènerai avec moi mon gros sac de rando (en mode « trek ») et laisserai le petit à Latacunga (avec tout ce dont je n’aurai pas besoin – l’ordinateur notamment).

Je me couche tard ce soir (23h30) car la réorganisation des sacs, et bien, ça prend du temps…