L’Île de Pâques : un rêve se réalise ! (2/3)

6 octobre 2014, Hanga Roa (Rapa Nui)

Je loue ce matin un vélo pour quatre jours consécutifs dans une location de vélos du centre d’Hanga Roa. Ce n’est pas donné – 10 000 CLP les 24h, soit environ 13 € – mais j’ai une bonne bécane, un casque et un antivol (eh oui, on a beau être sur l’Île de Pâques, on n’est apparemment pas épargné par les voleurs…).

Je fais un saut à la banque et réussis enfin à retirer de l’argent au distributeur. Gros soulagement. Mon plafond de retrait hebdomadaire avait dû été dépassé… Je vais pouvoir payer Martín et passer la fin de mon séjour sur l’île sans plus avoir à me soucier de ma situation financière.

Mon objectif du jour : longer la côte sud par la route pour découvrir les autres ahus qui s’égrainent à l’est du site de Vahiu (découvert hier), visiter la carrière des moais sur les flancs du Rano Raraku et, enfin, aller admirer l’Ahu Tongariki, sans conteste le plus impressionnant de l’île.

Je visite la carrière des moais en début d’après-midi, après m’être arrêté plusieurs fois en chemin pour  observer des ahus.

Un bébé moai ? Quelque part sur la côte sud ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Un bébé moai ? Quelque part sur la côte sud…
Rapa Nui (Île de Pâques)

Superbe moai couché sur le dos (cas rare) sur la côte sud ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Superbe moai couché sur le dos (côte sud)
Rapa Nui (Île de Pâques)

Encore et toujours, des moais déchus, face contre terre... (côte sud) ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Encore et toujours, des moais déchus, face contre terre… (côte sud)
Rapa Nui (Île de Pâques)

Ce site d’exception tient ses promesses. C’est un univers à part, empreint de mystère et suscitant à la fois émerveillement et tristesse. Plusieurs dizaines de moais sont enfouis dans le sol à des degrés divers ; certains le sont jusqu’au cou voire davantage. Abandonnés là depuis des centaines d’années, ils subissent l’érosion inéluctable du volcan. Année après année, elle les ensevelit un peu plus. Je lirai d’ailleurs plus tard que certains moais auraient déjà disparus sous terre… Ces sculptures d’un autre temps ne rejoindront jamais l’ahu auquel on les destinait, tous comme les moais disséminés à l’intérieur des terres, arrêtés net dans leur lente reptation vers la côte.

En route pour le Rano Raraku et la Carrière des Moais ; Rapa Nui (Île de Pâques)

En route pour le Rano Raraku et la Carrière des Moais !
Rapa Nui (Île de Pâques)

Vue aérienne du Rano Raraku et de l'Ahu Tongariki ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Vue aérienne du Rano Raraku et de l’Ahu Tongariki
Rapa Nui (Île de Pâques) [Réalisation : N. Pettini, 2015]

La Carrière des Moais, au sud du Rano Raraku ; Rapa Nui (Île de Pâques)

La Carrière des Moais, au sud du cratère de Rano Raraku
Rapa Nui (Île de Pâques)

Moai « décapité » couché sur le dos non loin du Rano Raraku ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Moai « décapité » couché sur le dos non loin du cratère de Rano Raraku…
Rapa Nui (Île de Pâques)

Moais à demi enfouis sur le flanc sud du Rano Raraku ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Moais à demi-enfouis sur le flanc sud du cratère de Rano Raraku 
Rapa Nui (Île de Pâques)

La Carrière des Moais... un endroit vibrant de mystère ; Rapa Nui (Île de Pâques)

La Carrière des Moais… un endroit vibrant de mystère
Rapa Nui (Île de Pâques)

Les moais présents ici ont souvent des formes très allongées par rapport à ceux que l’on rencontre le long des côtes. D’après mes lectures sur le sujet, les pascuans de l’époque auraient été pris d’une sorte de folie des grandeurs en voulant sculpter des oeuvres de plus en plus monumentales, chaque clan cherchant à prouver sa supériorité sur les autres. Cette apogée de « l’art moai » se serait terminée brutalement lors de violents conflits inter-tribaux. Nombreuses sont en effet les sculptures qui n’ont jamais rejoint leur destination, comme coupées net dans leur élan par un événement soudain et brutal. Certains moais, toujours ancrés à la roche dans laquelle ils étaient sculptés, n’ont même pas été terminés !

Un moai de la « dernière génération », très allongé<br />  <span class="legende_lieu">Rapa Nui (Île de Pâques)</span>

Un moai « dernière génération », très allongé
Rano Raraku (Rapa Nui)

J’avance lentement sur le sentier, en prenant mon temps pour observer les détails et m’imprégner de ce lieu incroyable. Je m’arrête pour admirer à distance – interdiction oblige – El Gigante (Le Géant), le plus grand et le plus lourd moai jamais sculpté. Il mesure 21,6 mètres, pour un poids estimé à plus de 150 tonnes ! Les scientifiques estiment qu’il eut été peu probable que les rapanuis, avec les moyens dont ils disposaient à l’époque, aient réussi un jour à ériger un tel monument…

« El Gigante », le plus grand et le plus lourd moai jamais sculpté ; Rano Raraku (Rapa Nui)

El Gigante, le plus grand et le plus lourd moai jamais sculpté
Rano Raraku (Rapa Nui)

Je découvre un peu plus loin deux moais couchés tête-bêche, comme endormis à tout jamais dans leur berceau de roches. Pensif, je les admire longuement en imaginant les artisans à l’œuvre et en m’interrogeant sur les circonstances qui les ont conduits à abandonner ainsi leur travail.

Deux moais tête-bêche encore soudés à la paroi du cratère ; Rano Raraku (Rapa Nui)

Deux moais tête-bêche encore soudés à la paroi du cratère…
Rano Raraku (Rapa Nui)

Je tombe encore un peu plus loin, au pied de la pointe sud du cratère, sur un moai de taille modeste, très différent de tous les autres, agenouillé en position de prière. Son nom est Tukuturi. Outre son aspect très inhabituel, il présente la particularité d’avoir été taillé – comme les pukaos – dans la scorie rouge du cratère de Puna Pau.

Un moai très atypique, à genoux : Tukuturi ; Rano Raraku (Rapa Nui)

Un moai agenouillé très atypique : Tukuturi
Rano Raraku (Rapa Nui)

J’aperçois à environ un kilomètre l’Ahu Tongariki, un attrait culturel majeur de l’île. Même à cette distance, il en impose. J’ai hâte de le voir de plus près en fin d’après-midi.

L'Ahu Tongariki, vu depuis la Carrière des Moais ; Rano Raraku (Rapa Nui)

L’Ahu Tongariki, vu de la Carrière des Moais
Rano Raraku (Rapa Nui)

Après avoir terminé mon (premier) tour de la carrière, je me rends à l’intérieur du cratère de Rano Raraku via un sentier s’y faufilant par l’ouest. Un petit lac partiellement envahi de plantes aquatiques orne le plancher du cratère. J’aperçois à quelques centaines de mètres d’autres moais situés dans une zone inaccessible au public. Pour des raisons évidentes de protection du site, le tour du cratère est interdit. Un peu frustrant mais tout à fait judicieux.

Ambiance sympathique à l'intérieur du cratère. ; Rano Raraku (Rapa Nui)

Ambiance sympathique à l’intérieur du cratère…
Rano Raraku (Rapa Nui)

Je ressors du cratère et entame un nouveau tour de la carrière pour m’imprégner encore un peu plus de ce lieu très atypique. Il y a peu de monde ; le pic touristique est pour plus tard (décembre à février). Même si la pluie est souvent de la partie, le printemps pascuan m’apparaît comme une époque propice à une visite paisible de l’île…

Je m’attarde une bonne heure et demie sur le site pour en profiter un maximum, sachant que mon ticket ne me permettra d’y d’accéder qu’une seule fois (une façon de réguler le flux touristique). Je verserais presque une larme en quittant les lieux, me disant que je n’y reviendrai sans doute jamais…

Je reprends mon vélo, que j’avais cadenassé à un arbuste sur le parking, pour rejoindre l’Ahu Tongariki. J’y suis en moins de cinq minutes. Les quinze moais alignés sur le plus long et le plus imposant ahu de l’île ont de quoi impressionner. Les hautes falaises de la péninsule de Poike et le Motu Marotiri agrémentent à merveille le tableau, une image que j’avais en tête depuis le début de mon aventure. Elle a d’ailleurs longtemps été mon fond d’écran… Je ne suis vraiment pas déçu : cet endroit est une pure merveille.

Les Quinze ont des apparences très diverses. Ils sont en général bien conservés pour leur âge et les vicissitudes de leur longue histoire. Des efforts de restauration importants ont notamment été entrepris dans les années 90, environ 30 ans après le passage d’un tsunami dévastateur qui avait sérieusement endommagé la structure (déjà très affectée par les guerres tribales). Deux moais se démarquent par leur taille plus imposante. Celui qui porte le pukao, avec son poids de 86 tonnes, serait le plus lourd spécimen jamais érigé.

Imposants et superbes : les quinze moais de l'Ahu Tongariki ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Imposants et superbes : les quinze moais de l’Ahu Tongariki
Rapa Nui (Île de Pâques)

Des moais très hétérogènes (dimensions, expressions et état de conservation) ; Ahu Tongariki (Rapa Nui)

Des moais très hétérogènes (dimensions, expressions et état de conservation)
Ahu Tongariki (Rapa Nui)

Un ahu majestueux devant les hautes falaises de la Péninsule de Poike ; Ahu Tongariki (Rapa Nui)

Un ahu majestueux devant les hautes falaises de la Péninsule de Poike
Ahu Tongariki (Rapa Nui)

La péninsule de Poike, qui s’étend à l’est de l’Ahu Tongariki, m’attire par son aspect sauvage et son isolement. Située à l’autre bout de l’île par rapport à Hanga Roa, elle est dépourvue de routes ou de sentiers. J’y dédierai, c’est certain, un jour cette semaine pour en faire le tour et grimper au sommet du volcan qui l’a fait naître (Maunga Puakatiki ou, plus simplement, Poike).

Je me pose un petit moment face à l’ahu puis reprends mon vélo pour rentrer au bercail, en empruntant la même route qu’à l’aller. Je ne croise pas grand monde et les rares personnes que je croise se trimbalent toutes en voiture. Je suis le seul à avoir opté pour le vélo… Dommage que les gens – au moins les plus jeunes – ne soient pas un tantinet plus sportifs et sensibles à l’environnement. Le vélo est résolument le mode de transport idéal sur un territoire aussi sauvage parcouru de routes aussi accueillantes !

Les animaux sont plus nombreux. Vaches et chevaux en semi-liberté peuplent gaiement la campagne pascuane. J’observe également très fréquemment des petits rapaces peu farouches appartenant à la famille des faucons. Il s’agit du Caracara chimango (Milvago chimango), une espèce originaire d’Amérique du Sud introduite pour réguler les populations de rongeurs importés par inadvertance (au grand dam des humains !). Il s’est à l’évidence fort bien adapté à son nouvel environnement…

Ayant le vent dans le dos, je pédale à vive allure tout en me régalant du paysage côtier, délicieusement sauvage. Je rejoins, à l’issue d’une longue grimpette en pente douce accompagnée d’une bonne suée, la route reliant Anakena à Hanga Roa. Il ne me reste alors plus qu’à me laisser porter par la gravité jusqu’au village.

Je fais quelques courses dans l’une des supérettes avant de retourner au gîte. C’est une bien belle journée qui se termine…

7 octobre 2014, Hanga Roa (Rapa Nui)

J’ai décidé aujourd’hui de réaliser le « tour » de l’île par la route avec mon vélo. J’emprunterai dans un premier temps le Camino Vaitea Anakena pour rejoindre la plage d’Anakena. Malgré son nom, ce n’est pas (plus) un chemin mais une route asphaltée. Elle permet de rallier Anakena depuis Hanga Roa en passant au cœur de l’île (environ 17.5 km). Je prendrai ensuite la direction de l’Ahu Tongariki en longeant la côte nord puis en coupant par l’intérieur des terres au pied de la Péninsule de Poike (environ 10 km). Il ne me restera alors plus qu’à reprendre, comme la veille, la route côtière méridionale jusqu’à Hanga Roa (environ 20 km).

Je fais un arrêt entre Hanga Roa et Anakena pour grimper au sommet d’un petit cône volcanique aux pentes très abruptes et situé à droite de la route : le Maunga Pui (altitude 302 m). La vue doit être vraiment belle au sommet ! La grimpette, heureusement assez courte, est tellement raide que je dois par moments m’aider des mains pour ne pas glisser. Une fois en haut, je fais rapidement le tour du cratère en luttant contre le vent qui souffle comme un diable. Le panorama sur l’intérieur de l’île est superbe. C’est bien là tout l’intérêt de cette petite ascension, le cratère en lui-même – une dépression peu profonde au fond tapissé d’herbe bien verte – présentant peu d’intérêt.

Vue sympathique vers la côte sud depuis le sommet du Maunga Puhi ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Vue sympathique vers la côte sud depuis le sommet du Maunga Puhi
Rapa Nui (Île de Pâques)

Je redescends et poursuis ma route vers Anakena en me laissant porter par la gravité dans la longue pente filant jusqu’à la côte. Je fais attention toutefois à bien user des freins. L’ukrainienne qui réside au gîte a en effet chuté pas plus tard qu’hier dans cette même descente à cause d’un mauvais freinage et s’est sérieusement blessée (fractures et plaies multiples). Venir à l’Île de Pâques et terminer au bout de deux jours aux urgences de l’hôpital local, c’est vraiment pas de chance !

J’aperçois dans la descente des goyaviers portant quelques fruits mûrs. Stop ! Hors de question de passer à côté de l’occasion. Je m’arrête sur la bas-côté pour faire la razzia sur les goyaves mûres et me délecter de leur chair orange saumon à la saveur si caractéristique. Réminiscence de la Gwada… Un pur délice tropical !

Le site d’Anakena tient ses promesses. La plage est magnifique, agrémentée d’une superbe cocoteraie mais surtout d’un ahu supportant sept moais (dont 4 avec pukao), situé à environ 150 m de la plage au pied d’un mini cône volcanique. C’est l’Ahu Nau Nau. Comme c’est presque toujours le cas, les moais tournent le dos à l’océan. Le sable, qui pénètre jusqu’à 200 m à l’intérieur des terres, forme une petite dune contre la partie postérieure de l’ahu, lui donnant encore plus de cachet.

Un peu plus loin, à une centaine de mètres, un moai solitaire, plus massif que les autres et comme comprimé verticalement, veille lui aussi sur les terres pascuanes. Il s’agit de l’Ahu Ature Huki.

Ahu Nau Nau, les « pieds » dans le sable ; Plage d'Anakena (Rapa Nui)

Ahu Nau Nau, les « pieds » dans le sable
Plage d’Anakena (Rapa Nui)

Moai solitaire de l'Ahu Ature Huki ; Plage d'Anakena (Rapa Nui)

Moai solitaire de l’Ahu Ature Huki
Plage d’Anakena (Rapa Nui)

Ambiance côtière tropicale ; Plage d'Anakena (Rapa Nui)

Ambiance côtière tropicale…
Plage d’Anakena (Rapa Nui)

Plage d'Anakena ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Plage d’Anakena
Rapa Nui (Île de Pâques)

Plage d'Anakena vue depuis un petit cône volcanique la surplombant à l'est ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Plage d’Anakena vue depuis un petit cône volcanique la surplombant à l’est 
Rapa Nui (Île de Pâques)

La plage d’Anakena, l’endroit de l’île le plus facilement accessible par la mer, serait l’endroit où les fondateurs de la civilisation rapanui auraient débarqués. Les oasis sableuses sont une denrée rarissime sur l’île. Il n’y a en effet que deux plages véritablement constituées : celle-ci et celle d’Ovahe, située à moins d’un kilomètre de la première vers l’est, de l’autre côté du Maunga Puha (cône volcanique).

Impression

Vue aérienne des plages d’Anakena et d’Ovahe, les deux seules plages de l’île
Rapa Nui (Île de Pâques) [Réalisation : N. Pettini, 2015]

Je me pose un peu sur la plage. Des gens se baignent ; je ne fais que tremper les pieds. Même si l’eau – loin d’être aussi chaude que sous les tropiques – est propice à la baignade, il fait plutôt frais à l’extérieur… Le vent souffle en effet très fort et la température s’en ressent. Je prends mon pique-nique assis sur le sable, observe un peu l’animation de la plage puis reprends mon vélo en direction de l’est.

La côte nord est truffée de sites archéologiques. J’y découvre un sanctuaire, plusieurs ahus ruinés, des pétroglyphes, ainsi qu’une pierre percée que les anciens utilisaient comme trompette invocatrice de pluie (la trompette du dieu Hiro). Le site de Te Pito Kura est particulièrement intéressant. On y rencontre en effet Paro, l’un des moais les plus lourds (85 tonnes pour une taille de 11 mètres) jamais transportés et érigés par les pascuans. Etrangement, lors de sa chute (provoquée), la sculpture s’est rompue au niveau du torse, et non du cou comme c’est très souvent le cas. Son pukao, d’une hauteur avoisinant 2 mètres pour un poids d’environ 10 tonnes, n’a pas roulé bien loin. Paro serait également, d’après le récit d’Abel Du Petit-Thouars (un explorateur français qui visita l’île en 1838), le dernier moai érigé vu par des occidentaux. Il finira malheureusement face contre terre comme tous les autres…

Dans un excès de zèle photographique (probablement à cause d’une lumière trop crue ou d’un cadrage peu convainquant), je ne prends aucun cliché de ce géant, me disant que je reviendrai sur le site dans les jours à venir. Mauvais calcul : je n’y repasserai finalement pas. Comme quoi, il faut bien ne jamais remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour-même !

A quelques pas de notre moai se trouve le fameux sanctuaire de Te Pito Kura : un gros rocher très lisse de forme ovoïde ressemblant à un gros œuf, entouré de 4 pierres qui devaient probablement servir de sièges. Un muret de pierres encercle l’ensemble. Le rocher aurait été apporté par Ariki Hotu Matua’a – le premier roi de l’île – et serait porteuse du mana, une énergie spirituelle octroyée par les dieux. Des touristes en visite guidée s’amusent bêtement à toucher la pierre pour vérifier les dires de leur guide. Quel manque de respect ! On ne touche pas les moais – et par extension toute ruine -, c’est une règle et on se doit de la respecter scrupuleusement, par principe mais surtout par respect pour les rapanuis, d’hier et d’aujourd’hui…

Sanctuaire de Te Pito Kura, sur la côte nord ; Rapa Nui (Île de Pâques)

Sanctuaire de Te Pito Kura, sur la côte nord
Rapa Nui (Île de Pâques)

La route pique à présent droit vers le sud en coupant par l’intérieur des terres, en marge ouest de la péninsule de Poike. Je commence à avoir quelques kilomètres dans les pattes et les 30-40 m de dénivelé à grimper pour passer de l’autre côté de l’île m’arrachent quelques gouttes de sueur… Très bonne surprise dans la descente : il y a des tas de goyaviers de chaque côté de la route ! Je m’arrête naturellement pour me délecter à nouveau de ces fruits délicieux et j’en ramasse même quelques-uns pour plus tard. Le Tongariki n’est plus qu’à deux minutes en vélo. Je m’arrête 500 mètres avant l’ahu pour me balader près de la côte, sur un chaos de roches et de galets. J’y découvre un moai sans tête, isolé, abandonné aux éléments… Je passe ensuite un long moment à admirer l’Ahu Tongariki, posé face à ses quinze sentinelles de pierre alignées côte à côte. Quelle merveille !

Vingt kilomètres plus tard, je suis de retour à Hanga Roa. Quelle superbe journée je viens de passer ! Cette boucle à vélo – totalisant un peu moins de 50 kilomètres – est désormais pour moi un incontournable de l’Île de Pâques, un moyen à la fois écologique et délicieusement grisant de « faire le tour » de l’île. C’est sûr, je remettrai ça d’ici quelques jours !

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3 commentaires

  1. Excellent le Club des 15 ! 😉

  2. Bonjour Nico, je suppose que ton tour du monde est terminé et que tu es bien
    rentré ?? J’espère que tu as profité, médité, admiré… Gros gros bisous… Manuella

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